Hec, 642 sqq
4. Je traduis TcaîSaç selon la correction de Musgrave, adoptée par
Boissonade, et la leçon du manuscrit de Florence.
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mais ne viendra répandre en offrande le sang des victimes.... Les Troyens, au contraire, et c'est la plus belle des gloires, sont morts pour la patrie. Ceux que la lance a frappés, rapportés dans leurs maisons par des mains amies, déposés par elles dans leur terre natale, ont reçu les honneurs funèbres de qui ils les devaient attendre. Pour ceux qui ne sont point morts dans le combat, ils ont passé leurs jours auprès de leurs épouses et de leurs enfants, bonheur refusé aux Grecs *. »»
Il y a, si je ne m'abuse, quelque chose de bien vrai et
dfe bien éloquent dans cette prétention au bonheur, dans
ce cri de triomphe qui s'échappe du sein même de la ruine et de la défaite. Nous nous sentons un instant soulagés par cette joie étrange, avec ceux dont elle éclaircit la douleur.
Ce n'est pas tout : les malheurs qui doivent suivre, et la dispersion de la flotte, et le long et pénible retour des
principaux chefs, et l'accueil ennemi de leurs proches,
tout cela est annoncé dans les deux pièces, comme nous
le verrons bientôt, par la prophétesse Cassandre"-^, par
l'aveugle Polymestor', à qui, selon une superstition antique, est accordée la vue de l'avenir, enfin par les divinités elles-mêmes qui ouvrent la tragédie des Troyennes, Ainsi le nouvel aspect que nous découvre le poëte nous montre les vainqueurs courbés comme les vaincus sous la main du destin, ce dieu suprême de la religion des Grecs, le premier acteur, et comme l'ordonnateur de leur tragédie.
Je viens d'analyser les éléments généraux qui sont entrés dans la composition des Troyennes et d'Hécube, j'ai
recherché dans quelles proportions ils s'y mêlent, dans
quel ordre ils s'y disposent, et de ce que j'ai dit, doit, je pense, résulter la conviction, que ces ouvrages ne sont pas, comme on l'a légèrement avancé, construits au hasard, mais que, s'ils paraissent d'abord peu conformes aux règles et aux usages ordinaires de la scène, ils ont, pour qui les regarde du vrai point de vue, leur ordonnance,