Lycée
l: lyfj'JfZçais, Î820, t. IV, p. 194. En 183'^ a été imprimée i Reims une traduction en vers de VHécube par A. B. Drouet.
occupe en ce moment. On me saura gré de le reproduire.
HECUBE.
Vous souvient-il encor du jour où dans Pergame|
Sous d'obscurs vêlements déguisant vos projols. Vous veniez des Troyens surprendre les secretsf Hélène pénétra cet important mystère; Je fus de son aveu seule dépositaire.
Ulysse, quel Troyen ne vous eût condamné? A mes pieds sans espoir vous étiez prosterné, Et. glacé par la mort à vos regards présente, Vers moi vous étendiez une main suppliante, N'étais-je pas alors arbitre de vos jours?
ULYSSE
D'un seul mot votre bouche en eût tranché le cours. Vous pouviez me punir..,.
HÉCUBE
Je le devais peut-être, Ingrat, et ma pitié ne te fit point connaître. Je t'épargne un trépas honteux et mérité; Tu me dois tout, Thonneur, le jour, la liberté,
Et tu veux m'accabler, et, pour reconnaissance, Tu prends un soin cruel d'irriter ma soufTrancej
Sur Tesprit des soldats que ton art a séduit, L"'ouvrage de mes pleurs par toi seul est détruit;
Pour Achille et les dieux c'est toi qui les décides. Les dieux commandent-ils à vos mains parricides De traîner des captifs sous le couteau mortel, Comme de vils troupeaux réservés à Tautel ? Mais je veux que, flatté d]une pareille offrande En faveur d'un héros le ciel vous le commande. Est-ce à moi d'honorer de ce tribut sanglant Celui dont les exploits ont déchiré mon flanc?
Faut-il sacrifier ma fille à sa mémoire?
Doit-elle de ses jours payer votre victoire?
Pour mourir sous vos coups, quels sont ses attentats?
Elle n^a point causé nos funestes débats. Et, brûlant sur ces bords d'une flamme adultère Appelé dans nos champs la famine et la guerre. Une autre a divisé les Grecs et les Troyens; Elle seule aiocrdu vos S'ierriers et les miens;
LES TROYENNES-