‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 572 sur 893 · ff;t. IV. 4G8 sqq · texte numérisé non relu

ff;t. IV. 4G8 sqq

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g-are ; la. corbeille sacrée circulait; nous retenions nos voix. Au

moment où le fils d'Aicmène allait de §a main droite prendre

un tison sur l'autel pour le plonger dans Teau lustrale, il s'ar-

rêlaen silence, et comme il hésitait, ses fils le regardèrent

avec étonnement. Il ne semblait plus le même; on avait

peine h le reconnaître ; ses yeux étaient renversés, ses prunelles sanglantes s'élançaient hors «Je leurs orbites; l'écume dégouttait sur sa barbe toufTue. Tout à coup il s'écria, avec un

rire d'insensé : î Mon père, pourquoi songer à des purifica-

c lions, avant d'avoir tué Eurysthée? Pourquoi , pouvant tout

I faire en une fois, m'imposer double peine? Quand j'aurai ap-

m porté ici la tête d'Eurysthée, alors il sera temps de laver « aussi ce premier meurtre. Allons, faites écouler celte eau ;

C jetez cette corbeiUe; t^u'on me donne mon arc, la massue

i dont alarme ma main ! jô m^en vais à Mycines. Il faut em-

« porter des leviers, des instruments de fer^ des machines

« pour renverser les murs construits, avec la règle et le ciseau, « parles Cyclopes.i Et il semblait faire ses apprêts de départ.

se fîg-urant monter sur- un char et prendre en main le fouet pour frapper- les chevaux. Ses serviteurs incertains étaient

tentés de rire et en môme temps s'eiTravaient j se reeardanï

entre eux ils se disaient : « Assurément notre maître veut

« s'amuser de nous, ou bien il a perdu la raison, i Cependant

il parcourt en tout sens sa demeure. Arrivé à la salle où se font

les repas des hommes, il croit voir la ville de Nisus, il croit y entrer, s'y étendre à terre, y prendre de la nourriture ; puis,

repartant, après un moment de reiâctie, approclier des bois

de l'Isthme. Là, se dépouiHant de ses vêtements, il lutte contre je ne sais quel adversaire et se proclame vainqueur. Ensuite, il se dil à Mycènes et fait entendre de terribles menaces

contre Eurysthée. Son père alors, touchant sa maîn puissante, lui adresse ces paroles z «i Mon fils, qu'as— tu donc? Quel est cet « étrang^e voyag-e? Le sang- que tu viens de verser a-t-il trou-

M ton esprit! « Hercule croit que c'est le père d'Euryslkie,

qui, tremblant pour un fils, touche sa main, en suppliant: il

HERCULE F-UniEU^r.

ppl

ses

iê repousse el sWme de son arc el de ses fliches contre

propres enfants, qu'il croit ceux d'Kurysthée. Ceux-ci fuient, pleins de frayeur, et cherchent un asile, l'un sous le voile de

sa mère, l'autre derrière unecolonne, le troisième, comme un

oiseau timide, prèsdeFaulel. La mère sfeie : «Malheureux 3ère!(|uefais-tu? veux-tu donc tuer tes enfants? » Ainsi crie

e vieillard, el aussi les serviteurs. Lui, il poursuit un des en -

fants autour de la colonne, le rejoint, le pr^c4de et, lui fal-

sant face, d'un trait lui perce le foie. L'en Tant tombe êi la rerk

verse, et, en expirant, arrose le marbre de son sang-. Hercule

cependant pousse un cri d'alléçresse : Déjà, dit-il. un des re-

jelons d kuryslnée, lomU sous ses coups, a payé pour leur

odieux père, et il apprête son arc, le tournant contre celui des

enfants qui, tapi contre Faute!, se croyait à Pabri. Le malheu-

reux, d'un élan rapide, se précipite aux genoux de son père,

élevant des mains suppliantes : « Mon père chéri, s^écrie-t-il,

« ne me tue pas ; je suis à toi ; jo suis ton fils ; ce n'est pas le

en 1 aip et fait relomter, ainsi quVn forgeron le marteau, il brise sa tête blonde. Non content de ces deux victimes,

il court à une troisième ; mais la malheureuse mère le pré-

vient, ennportant son enfant clans l'intérieur de la nnaison, OÙ elle s'enferme. 11 s'imaçine alors qu'il assiège, qu'il abat

les murs des Gjciopes j à l'aide d'un levier il enfonce les portes, et d'une même flèche fait tomber sa femme avec son fils.

11 se liâlait déjà pour aller immoler aussi son vieux p Te,

quand parut, on put lavoir, sa lance à la main, et sur sa tête

son casque orné d'aigrettes, la déesse Pal las. Une pierre

qu'elle lança contre la poitrine d'Hercule l'arrôta au montent OÙ il allait commettre un horrible meurtre. Plongé dans un

profond sommeil, il tomba sur le sol, lieiirtaiit le fiit d'une

colonne qui s'était rompue et renversée sur sa base, lorsqu'il

ébranlait les murs de la maison. Délivrés du soin de le fuir,

nous avons alors aidé le vieillard à le lier au tronçon de la colonne, ann qu'il ne puisse, lorsqu'il se réveillera, se livrer à

de nouvelles fureurs. Il dort en ce moment, le malheureux,

dVin bien triste sommeil, souillé du sanp: de ses enfanls et de sa femme. Je ne crois pas^ pour moij qu'il j ail au monde un

mortel plus malheureux'.»

e reci

t larille d'iane riche et Heu^reu^se invention. Il

faut, pas croire cependant qiae tout ce qia'il retrace ait été

"uaginc par Euripide; la luadère s'en rencontrail proM-

blement, en très-grande partie, chez les poètes lyriques et épiques qui avaient ckanté et raconté cette tragique

histoire, comme Stésichore *, comme r*isandre et I*anya— sis' j chez les historiens qui l'avaient rappelée, comme

^''"""""1e * ; dans la tradition * qui vivait à Thèbes, au-

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