‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 579 sur 893 · V. 606 sqq. Voyez, plus haut, p · texte numérisé non relu

V. 606 sqq. Voyez, plus haut, p

HERCULE

Aimable joug de ramilié! Mais que Tun de ceux qui le portent est malheureux! 0 vieillard, c'est ainsi qu'il faut avoir un ami.

AMPHITRYON

Heureuse est la patrie qui compte de tels enfants* !

Quelle vive expression du désespoir? quelle noble

image de l'amitié î comme se mêlent et se corrigent mutuellement Tattendrissement et l'admiration ! et que ces

émotions confuses se compliquaient heureusement pour les Athéniens du sentiment de l'orgueil national ! Je l'ai

déjà remarqué en commençant l'analyse de cette grande scène, et crois devoir y insister encore en la finissant.

Mais puis-je la finir sitôt 1 Le dialogue, qu'on croyait à son terme, reprend tout à coup d'une manière inattendue. Hercule, entraîné par Thésée, s'arrête, se retourne, veut qu'on le ramène; il a besoin de revoir ses enfants, de presser une dernière fois son père contre son

«ein. Ce sont de nouveaux adieux que Thésée, par les conseils, les représentations d'une amitié courageuse, a bien de la peine à abréger. Le poëte, arrivé sans fatigue

au bout de sa carrière, trouve encore des traits comme ceux-ci :

THESEE.

Qu'est devenu le grand Hercule?

HERCULE

Mais loi-même, qu'étais-tu, au temps de ton malheur, dans

les enfers?

THÉSÉE

Ah! le plus faible des hommes.

HERCULE

Pourquoi donc me reproches-tu ma faiblesse? l.V. 1368-1379.

HERCULE FURIEUX

THÉSÉE

HERCULE

AMPHITRYON

SI

Allons ! viens.

Vieillard ! adieu.

Adieu, mon fils !

HERCULE

Ensevelis, comme je te Tai demandé, mes enfant

AMPHITRYON

Et moi, mon fils, qui m'ensevelira*?

Je n'ai pas dissimulé les défauts de VHercule furieux^ défauts ordinaires à Euripide. J'ai marqué, au passage, certains détails oiseux et froids, quelques discussions sophistiques, des hardiesses philosophiques en contradiction avec la mythologie, qui fait le fond de l'ouvrage. J'ajouterai qu'il s'y trouve trop de choses qu'on a vues ailleurs, chez Eschyle, chez Sophocle, chez Euripide lui-même.

Ainsi, la situation de Mégare, réfugiée près d'un autel avec ses enfants, et, sur la menace d'y être étouffée par

les flammes, se livrant à ses ennemis, est exactement celle dans laquelle l'auteur a placé ailleurs Andromaque*. Ainsi le secours impuissant que prêtent les vieillards thébains à la famille d'Hercule, les insultes qu'ils adressent, oubliant leur faiblesse, à Lycus, rappellent, exactement aussi, la douleur noblement séditieuse prêtée par Eschyle aux vieillards d'Argos, en présence des meurtriers

d'Agamemnon'. Amphitryon, près de mourir, recommande à ses vieux amis d'égayer de quelque joie une vie si traversée par les vicissitudes de la fortune, à peu près comme fait, encore dans une pièce d'Eschyle, dans sa tragédie des Perses \ l'ombre de Darius prenant congé des Fidèles. Quand Lycus se laisse attirer dans la maison

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