v. 38 sqq. Cf. Orest., v. 1633 sqq.; Electr
6. Oa la trouve dans un fragment des Chants cypriaques de Stasinus cité par le scoliaste d'Homère à roccasioa du cinquième vers du premier chant de V Iliade.
et attend avec impatience le moment où, selon une promesse divine, elle se justifiera auprès de son époux et régnera avec lui dans sa patrie. Ce moment désire tarde
beaucoup, puisque sept ans se sont déjà écoules depuis la
chute de Troie ^ Il est, en outre, fort pressant qu il arrive, car le fils de Protée, Théoclymène, est un protecteur moins désintéressé que son père; il veut épouser Hélène, quin'a d'autre défense, d'autre asile, contre la violence de sa passion, que le tombeau de Protée, où nous la trouvons réfugiée au commencement de la pièce. *
Avant que les espérances conçues par Hélène se réalisent dans un heureux dénoûment, le poëte, pour préparer une péripétie, juge à propos de les détruire. Il Tait
tout exprès aborder, sur le rivage de Pharos, Teucer, qui,
chassé par Télamon, et cherchant à travers les mers cette
autre Salamine qu'il doit fonder % s'arrête en Egypte pour y consulter sur son destin une prophétcsse, Théonoe, sœur du roi Théoclymène. Hélène se convainc d'abord,
par l'horreur qu'il témoigne involontairement à sa vue, à
quel point elle est méprisée et haïe des Grecs. Lorsqu'il est revenu de ce premier emportement, causé par ce qui lui paraît une étonnante ressemblance, et qui est quelque chose de plus, elle apprend de lui, parmi un grand
nombre d'événements qui l'intéressent et qu'elle ignore,
la fin de sa mère Léda, qui s'est tuée elle-même, dans le
désespoir où l'a jetée le déshonneur de sa fille ; la disparition de ses frères. Castor et Pollux, qu'on croit placés parmi les astres, au nombre des dieux, et qui peut-être se sont tués aussi pour ne pas survivre à la honte de leur maison; enfin, la dispersion de la fiolte des Grecs à leur retour de Troie, et les bruits qui ont couru du naufrage et de la mort de Ménélas. Teucer n'était venu que par la
volonté du poète, pour le besoin de son exposition; l'exposition faite, il s'en va pour ne plus reparaître, sur 1 avis
1 Ménélas dit lui-même au IV livre, v. 82 de VOdyssée, suivie ici
par' Eui^ide, que c'est dans la huilième année seulement qu il a revu sa patrie.