‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 605 sur 893 · Voyez t. II, p. 38 sqq · texte numérisé non relu

Voyez t. II, p. 38 sqq

que lui donne Hélène de fuir au plus vite une terre inhospitalière, OÙ Théoclymène, dans un intérêt qu'elle ne dit

pas, mais qu'on devine, fait mettre à mort tous le&ûrecs

qu'y conduit leur mauvaise fortune.

Les scènes suivantes sont remplies du désespoir d'Hélène* et des consolations de captives grecquefc accourues

à ses cris du rivage, où, disent-elles avec la naïveté de mœurs et la grâce de langage accordées à l'antique poésie et dont VHippolye du même poëte nous a offert un autre exemple*, elles étaient occupées, « près de l'onde azurée, à étendre sur un épais gazon, sur des roseaux, à faire sécher aux rayons dorés du soleil, des voiles de pourpre ^ » Ces femmes sont des compatriotes auxquelles Hélène trouve quelque douceur à se confier dans sa douleur;

elle en reçoit le sage conseil de na pas se presser d'ajouter foi à une nouvelle peut-être fausse, et d'aller au palais,

en l'absence du roi, qui est à la chasse, consulter, sur ce qu'elle a tant d'intérêt à savoir la science prophétique de

Théonoé.

Tandis qu'on lui répond que Ménélas vit encore, et même qu'il n'est pas loin, ce prince arrive, fort en désordre, revêtu de lambeaux, offrant le triste aspect d'un naufragé. Il a laissé dans une caverne, avec quelques

compagnons comme lui échappés à la mer, l'éï)0us4 qu'il a reconquise sur les Troyens, au prix de tant de dangers, et, pressé par leurs communs besoins, surmontant la honte d'offrir à la pitié des hommes un roi, un guerrier, réduit par le sort en un si misérable état, il s'est aventuré

1. Tentée de s'ôter la vie, et délibérant assez froidement sur le- divers genres de mort entre lesquels elle pourrait choisir (v. 297 sqq.), elle écarte, comme honteux (Cf. Homer , Odyss.,XXII, 462s'jq), même pour des esclaves, celui par lequel on a vu, quelques vers plus haut (124), qu'a péri sa mère Léda, celui auquel songent les Swppfianfw

d'Eschy e (voyez t. I, p. 1*6), qui termine les jours de la Jocaste, de rA.i.ti^'one de Sophocle, de la Phèdre d'Euripide (voyez t. II, p. 189),

272- 111, 561. de bien d autres personnages tragiques du théâtre d'A-

thèries, dont aucun ne semble faire réflexion, comme Hélène, qu'un tel suicide man :ue de dignité,

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