Voyez t. III, p. 58, 130 sq.; et plus haut, p
l: cimme Agamemnon à son vieux serviteur, dans la première scène de Ylphigo'nie en Aulide, v. 112 sqq. Voyez notre t. III, p. H. 4. Y. 776, 777.
Avec ce coup de théâtre, avec les émotions de surprise
et de joie qui l'accompagnent, les explications inquiètes, les douloureux souvenirs * et les tendres ipanchements
qui le suivent, et où chacun fait son rôle, Iphigénie, Oreste, et Pylade, et le chœur lui-même, cesse véritablement l'intérêt pathétique de cette tragédie ; le reste ne s'adresse plus qu'îi la curiosité, et est, par conséquent, d'un ordre secondaire. Que penser donc d'un estimable
interprète d'Euripide^ qui, cherchant subtilement, à son ordinaire, le sujet de la pièce, le voit uniquement dans le larcin de la statue de Diane, et regarde comme un épisode, plus intéressant il est vrai que l'action ellemême, en même temps qu'il est beaucoup plus long, la reconnaissance du frère et de la sœur. Cela est bien du même critique qui, renouvelant à son insu le sentiment d'un des personnages de Gil Blas, disait sérieusement que dans V Iphigénie en Aulide il s'agissait de savoir
si les Grecs obtiendraient ou non un vent favorable*.
Pour juger les ouvrages de l'art, mieux vaut encore
le sentiment irréfléchi , le bon sens vulgaire , qu'une
étude étroite, une froide et sophistique application des
théories.
Nous retrouvons dans VIphigènie en Tauride le même défaut que nous avons signalé tout à l'heure dans YHélène''. La ruse par laquelle on enlève à Thoas la statue de Diane et sa prêtresse, se prépare sous nos yeux avant que nous ne la voyions s'accomplir. C'est Iphigénie qui l'imagine et qui l'exécute, après avoir sollicité vivement
le silence du chœur. Par un mouvement, du reste heureux, dont je ne me rappelle pas un autre exemple, elle s'adresse individuellement* à quelques-unes des per-
1. Les vers 913 sqi. peuvent être rapprochés des Euménides d'Eschyle. Voyez t. 1, p. 364 sqq.