‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 617 sur 893 · V. 043 sqq · texte numérisé non relu

V. 043 sqq

désespérées, soutient encore l'âme humaine, il compte, pour leur délivrance, sur quelque heureuse révolution du

sort. * o /-\ 1.

Que devient le chœur pendant cette scène ? On ne peut

trop se l'expliquer. S'il prête l'oreille, il aura surpris un secret qu'il ne doit connaître que plus tard, avec Iphigénie. S'il n'écoute point, comme le veut Brumoy, ou qu'il se soit retiré, il manque à son office ordinaire. Ge n'est point la première fois que se décèle, dans les tragédies d'Euripide, l'inconvénient de ce témoin obligé, qu'en certains cas il faut supposer ou bien discret ou bien inattentif*. . ,, , j

Iphigénie reparaît avec sa lettre»; elle exige d abord que Pylade s'engage par serment à la remettre avec fidélité; elle-même s'oblige, de la même manière, à lui conserver la vie; et ici est exprimé, un peu vaguement, il est vrai, ce que nous étions tout à l'heure en peine de savoir, c'est qu'elle compte obtenir de Thoas, par la persuasion, la grâce d'un des prisonniers. Des gens difficiles

demanderaient peut-être pourquoi elle n'essaye pas de les sauver tous les deux; mais c'est là une de ces remarques qu'on n'a guère le loisir de faire à la représentation, et que Voltaire appelait des critiques de cabinet. , , 1 X-

Un scrupule vient à Pylade. Il veut qu on le tienne quitte de l'obligation sacrée qu'il a contractée, si par quelque accident imprévu, dans un naufrage, il perdait la lettre de la prêtresse. Pour prévenir ce danger, celle-ci se décide à lui confier le contenu de son message». Ainsi s'opère en un instant une reconnaissance que le poète a eu l'art de faire désirer si longtemps. « Oreste, s'écrie tout à coup Pylade, recevez la lettre de votre

sœur*. »

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