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HELENE
IPHIGENIE EN TAURIDE.
mière, et faisant avec une aimable majesté les honneurs
de son palais de Sparte. Voilà l'Hélène que l'épopée a donnée au théâtre, et qu'une autre n'y pouvait remplacer.
Eschyle, dans un des chœurs de VAgamemnon^, ne peut
détester son crime si funeste aux Troyens et aux Grecs, sans peindre, en vers touchants et gracieux, les souvenirs, les images qu'elle a laissés d'elle dans la demeure
déserte, dans le cœur désolé de son époux. Sophocle lui a
consacré deux tragédies, son Hélène enlevée^ son Hélène
redemandée*. Euripide lui-même l'a introduite épisodique-
ment dans deux scènes de son Oreste^ de ses Troyennes ^ .
Cette autre Hélène, qu'il nous dit ici être la véritable, n'en est au contraire que le fantôme mensonger. Une telle apparition ne pouvait se renouveler, ni chez les Grecs, dans les Hélènes de Diogène Œnoraaùs, de Théodecte,deTimésithée^, ni chez les Romains, dans celle que Macrobe' semble attribuer à Livius Andronicus^ Pour
la retrouver il faut aller jusqu'à l'imitation que Wieland i
a donnée, entre 1805 et 1809', de la pièce d'Euripide.
Vers le même temps % Hélène, l'Hélène homéri(|ue, était
évoquée par Goethe, comme image de la beauté antique,