‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 631 sur 893 · M., V. Conciere · texte numérisé non relu

M., V. Conciere

(i. Varr. (/e L'>j<7./af..pa-sim.; Cic, de Fin., V. 22; de Nat. Deor. ,11,

3ti; (le Dirin., I. 14; de Oral . III, 39, etc.; Non., Prise, passim, etc. 0. Mbhe. k, ibid., p. 75 sqq., 281 sqq., ne reconnaît qu'un Dulorestes, celui de Pacuvius.

7. Vovpzt. 1, p. 359. Une autre explication, rapportée par 0. Ribbeck, t('i(/., p. 281, semble consister à lire ai lieu de Dvlonsks, Do-

loreste«^, Doliorestes, noms formés de oôXo-, 8ô)-iOî, et qui feraient allusion à la ruse par la<juelle se dénoue la tragédie.

8. Hofrnan Perlkamp, Ri'dioth.criiic. nov.f IV, p. 143. Cf. Bœhr.,

Ccscliicl- der Piomisch. Literj,., p. 79.

Pacuvius*, en contiennent d'autres qu'on ne peut de même récuser.

Un des caractères principaux de la tragédie des Grecs est un développement calme, qui jamais ne vise à l'effet.

On en peut juger par V Iphigènic en Tauride, par une de

ses scènes surtout, à laquelle l'art des modernes a donné beaucoup plus de vivacité et d'appareil théâtral, le combat d'amitié d'Oreste et de Pylade. Cette scène se rapprochait déjà de ce qu elle est aujourd'hui, dans un passage de Pacuvius, dont Gicéron nous a consacré le souvenir. « Quelles acclamations, dit-il, quand le théâtre retentit de ces mots : « Je suis Qreste, » et que l'autre réplique : « Non, c'est moi qui suis Oreste*; » lorsque

1. Celui-ci, par exemple, qui rappelle l'interrogatoire d'Oreste par Iphigenie :

Quid? quondam et mihi piget paternum nomen, maternum pudet

Profari

(Non. vv. Pudet et Piget.)

2. Qui clamores... excitantur in theatris, quum illa dicimtur :

Ego sum Orestes ;

contraque ab altère :

Imo enimvero ego sum, inquam, Orestes.

Quum autem etiam exitus ab utroque datur turbato errantique régi

Ambo ergo una enicarirr

, precamur,

Quoties hoc agitur, quandove, nisiadmirationibus maximis?

{de Fin., V, 22.)

On nous saura gré de rapporter ici les deux autres passages qui nous ont conservé également, avec l'idée, le dessin de la scène, le souvenjf de l'effet qu'elle produisait.

Aut Pylades cum sis, dices te esse Orestem, ut moriare pro amico?

aut si esses Orestes, Pylademreleileres, te indicares? et si id noopro-

bares, que minus ambo una necaremini, non precarere?

(l&td., 11, 24.)

Qui clamores tola cavea nuper in hospitis et amici mei M. Pacuvii nova fabula, cum ignorante rege, uter esset Orestes, Pylades Orestem

HÉLÈNE — IPIIIGÉNIE EN TAURIDE

ensuite ils font cesser les incertitudes du roi, qui, dans son trouble, ne sait lequel choisir, en demandant tous deux la mort. « On voit que la situation pnmiUve s est compliquée de l'inquiétude que donne à Thoas le nom

d'Oreste de ses efforts pour découvrir celui qui le porte,

enfin de\a ruse généreuse par laquelle les deux amis se le

disputent en sa présence. Ces inventions appartenaientelles à Pacuvius, plus libre dans ses imitations que son oncle Ennius et ses autres prédécesseurs, ou bien étaientce encore des réminiscences de quelque rival d'Euripide, de Polyidus, par exemple? On ne le voit pas bien clairement; mais ce qui est visible, c'est un progrès de mouvement et d'eftet dramatiques. Cependant la situation

se esse diceret, ut proillo necaretur, Orestes autem ita ut erat Orestem

se esse perseveraret. Stantes plaudebant in re ficta.

{De Amicit.j vu.)

On a quelquefois conclu de ce Stantes qu'au temps où fut donné le Dulorestes de Pacuvius. il n^y avait point encore de sièges pour les rpectaieurs au théâtre de Home, ce qui ne s'accorde guère avec ce ou^on voit Hetout diflérent, par exemple, dans les prologuesde Plante. M O Ribbeck interprète Stantes d'une manière plus conforme aux faits *et à la vraisemblance en l'entendant de l'émotion du public qui. transporté de cette scène, se levait pour applaudir. On peut voir dans \m 1 vre d 285, les exemples dont il appuie cette interprétation, deux

fuVel pass^a/es de Gicéron, Pro. Sext.\ lv; Ad Attic, II, 19, enfin ce vers de Properce, Eleg. IV, xviii, 19 :

Stantia que in plausu tota theatra juvent. Deux citations. Tune de Nonius (v. Occupalus). Vautre de Gicéron {deNat. Veor., H, 36), semblent avoir fait partie du même dialogue:

. Celui-ci, quel est-il? - Un homme qui, si tu ne le préviens, t« donnera la mort. «•

« C'est un Grec. Son langage même le trahit. .

Is quis est ? — Qui te, nisi illum tu occupas, leto dabit

Crajugena. De isto aperit ipsa oratio.

On aimerait à savoir si CorneiUe avait souvenir de cette situation.

Quand il écrivit la belle contestation d'Héraclius et de Martian {Hera- 2"u"? acte IV, se. 4). Une nous le dit pas, et Voltaire ne fait pasnoQ plus ce rapprochement.

plus simple et plus paisible, imaginée par Euripide, n'avait pas laissé que de conserver des imitateurs et des

partisans ; car on ne peut appliquer à une autre les vers

où Ovide a exprimé l'héroïque contestation des deux

amis* :

Irejubet Pylades carum periturus Oresten :

Hic negat : inque vicem pugnat uterque mori.... Un poëte distingué du commencement du seizième siècle,

dont la Rosemonde a inauguré, assez glorieusement, avec la Sophonisbe du Trissin, la tragédie italienne, Ruccellai, ouvre la liste des nombreux imitateurs modernes de ïlphigénie en TauriJe d'Euripide. Dans son

Oreste la marche et l'intérêt de la pièce grecque ont été

assez fidèlement reproduits, sauf quelques changements

qui ne paraissent pas tous heureux. Les longues narrations dOreste à Pylade, au seuil redoutable du temple

de Diane ; celles qu'un moment après, dans le même lieu, Iphigénie adresse à l'une de ses femmes, forment une exposition bien dépourvue d'art et qui faH regretter le sans-façon, au moins plus court, du prologue d'Euripide. Les questions d'Iphigénie à Oreste amènent, non pas comme chez le poëte grec, de courtes réponses accordées à regret, mais de complaisants récits qui ne sont pas

eux-mêmes sans langueur. La lettre d'Iphigénie, si courte

dans le modèle, s'est prodigieusement étendue dans la

copie, et Pylade met à la lire dans son entier, sans aucune nécessité, une singulière obstination. On peut trouver aussi bien minutieux et bien froid l'interminable détail des signes de reconnaissance par lesquels i'Oreste italien convainc une Iphigénie plus difficile à persuader que la grecque, qu'il est son frère. D'autre part cet habit de

1. Ex ponte, III, II, 75 sqq. Voyez notre 1. 1, p. 145 sq. On peut rapprocher de ce morceau d'Ovide le dialogue (Toxarisseu Amiciti%

1 S(|q )où Lucien fait dire à un Scylhe que dans son pavs le souvenir du dévouement mutuel «i'Oreste Pt de F'ylade est consacré par une inscription, et aussi par les peintures d'un temple élevé au fils d'Agamemnon; où il s amuse à reproduire sous cette forme, moins naturelle que celle dont Ovide avait fait usage, c'est-à-dire que le récit prêté par

ce poëte à un vieil labitant de la Tauride, les principales situationsde la tragédie d'Euripide.

victime envoyé par la prêtresse aux deux amis , et qu'ils se disputent, était un moyen dangereux d'amener une

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