‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 635 sur 893 · Préfaces de Jagurtha, d' Oreste et Pylade, à' Alceste · texte numérisé non relu

Préfaces de Jagurtha, d' Oreste et Pylade, à' Alceste

2. T. m, p. 226 sqq. , ,«« 3 Dans Vorei'/e de Le Clerc et Boyer, rappelé plus naut, p. 122,

note 2, Thoas, tyran de la Tauride, avait aussi son capHaine des gardes.

Diane, laquelle ne s'en soucie guère, surtout lorsque le sort lui a montré Pylade, qui l'a intéressée à la première vue, et s'est, de son côté, tout d'abord épris d'amour pour elle. Vous êtes sans doute aussi peu curieux de connaître les

vicissitudes diverses de ces quatre passions que je le suis

peu de vous les raconter : il me suffira de dire que

Thorayris, dont Thoas veut se débarrasser en la faisant embarquer avec l'ambassadeur sarmate, parvient à faire

partir en sa place et Iphigénie et les deux Grecs, sans oublier la statue de Diane. L'auteur s'applaudit beaucoup

d'avoir par cette substitution évité de mêler le merveilleux

à son dénoûment ; il la compare à celle qui dénoue l'Iphî-

génie en Aulide, et assure même avoir obtenu pour elle l'approbation de Racine. J'en douterais fort, car ce n'est

comme l'a dit La Harpe, qu'un puéril et ridicule

escamotage'. Il y en a un autre dans l'ouvrage, dont Lagrange- Ghancel ne s'est point vanté. Au milieu de tout ce qu'il a ajouté au sujet, a presque disparu ce qui en

est le véritable intérêt, l'expression de la tendresse fraternelle et de l'amitié ; il ne restait plus de place pour elles.

Tout au plus rencontre-t-on çà et là quelques souvenirs d'Euripide et de Pacuvius, plus souvent de Corneille et de Racine, le tout dans un style lâche, faible, incorrect, et d une lecture fort pénible, malgré les marques sensibles

d'une excessive facilité. J'y ai cependant, comme Fran-

caleu, remarqué tels vers que Voltaire a jugés de bonne

prise, et qu'il a copiés en y retouchant un peu ; ceux-ci

par exemple :

On a vu devant lui les fières Euménides

Promener leurs flambeaux, vengeurs des parricides et cet autre, plus connu et plus digne de l'être :

Privé des feux divins et des eaux salutaires. De cette Iphigénie à l'Iphigénie en Aulide, il y a, je ne

dirai pas pour le génie, qui ne se transmet pas, mais pour

l'art, pour le goût, dont il semble que la tradition devrait se 1. Lycée.

perpétuer, une énorme distance. Peu d'années cependant

les séparaient : l'une avait été jouée en 1674, l'autre se

jouait en 1697; la Champmeslé, qui avait presque commencé sa carrière théâtrale dans la première, l'achevait dans la seconde, et, s'il faut en croire le témoignage un peu suspect de Lagrange, n'y faisait pas verser,

avec moins d'abondance, de ces larmes qu'avait célébrées

Despréaux*.

C'est que Racine, tout en charmant le public d'alors,

n'avait pu le ramener à l'amour de la vérité, du naturel ;

c'est que de si fausses, de si froides conceptions, trop conformes à de longues habitudes de mauvais goût, intéressaient par une disposition assez ingénieuse. Ce mérite dont Lagrange a donné des preuves plus heureuses dans Ino, dans Amasis, ne manque point tout à fait à sa tragédie d'Oreste et Pylade, et l'a maintenue au théâtre jusqu'à ce qu'elle ait, en 1757, cédé la place à l'Iphigénie en

Tauride de Guimond de La Touche.

Un autre ouvrage^ représenté en 1704 sur une autre

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