‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 634 sur 893 · scène l'obligeait d^y paraître eu soupirant, et de remplir · texte numérisé non relu

scène l'obligeait d^y paraître eu soupirant, et de remplir

de sa passion les vides d'une intrigue trop pauvre et trop

courte pour nos cinq actes. Je m'imagine d'ailleurs que

l'amant d'Iphigénie aurait généreusement protégé son

évasion, et que Racine, dans ce rôle, se ménageait pour le dénoûment un ressort plus conforme à nos idées que W

machine mythologique d'Euripide. N'avait-il pas déjà trouvé le moyen d'eifacer de son avant-scène la merveilleuse intervention des dieux, en supposant la princesse transportée en Tauride, non plus par Diane, mais simplement par des pirates?

Quoi qu'on pense de cette conjecture, de cette restitution OÙ je hasarde d'achever le plan imparfait de Racine, on voit combien était légère et fausse l'assertion de

Voltaire, qm la galanterie n y entrait pomtK Elle devait au contraire y occuper absolument la même place que dans riphigénie en Aulide, que dans TAndromaque, que dans la Phèdre. Mais elle s'y fût montrée, comme dans ces chefs-d'œuvre, noble, délicate, intéressante ; et si , par le mélange de sentiments trop contemporains, elle

eût quelquefois altéré la vérité des mœurs antiques, plus

souvent encore les eût-elle laissés se produire avec ces

grâces Simples, qui, après tout, font de Racine le plus

fidèle interprète des Grecs, aussi bien que le plus éloquent.

Rien de tout cela ne se trouve chez les faibles et froids successeurs auxquels il laissa la scène française, et qui l'occupèrent jusqu'à Tavéneraent de Grébillon et de Voltaire. Ce sont bien les mêmes défauts, mais sans ces heureux tempéraments qui les corrigeaient, mais rendus, en dépit de si beaux exemples, à leur intégrité primitive,

rattachés soigneusement à la tradition un moment interrompue de Scudéri et de La Galprenède. Quant aux traits des modèles grecs et à ces images d'une ressemblance

frappante, bien qu'imparfaite, qu'en avait exprimées lait de Racine, il n'y en a pas trace dans ces romans,

l. ÉpUre à Mme la duchesse du Maine, servant de préface à Oreste.

d'une fadeur et d'une extravagance également vul-

gaires.

On lit avec intérêt, dans les préfaces de Lagrange-

Chancel, l'histoire de ses débuts poétiques, d'un éclat si précoce et si trompeur, qui dans lage le plus tendre lui valurent les bienveillants regards et les caresses du vieux

Louis XIV, les bontés familières du grand Condé, la faveur de la jeune princesse de Gonti, enfin les encouragements et les leçons de Racine*. Ce grand poète le traitait presque en héritier présomptif de son génie et de sa

gloire ; il lai faisait confidence des choses qui dans

sa carrière dramatique l'avaient attiré, comme s'il eut

voulu les lui léguer. Mais c'était un héritage bien lourd

pour la faiblesse de celui qui n'arriva, malgré de si brillants commencements et des augures si favorables, qu'à balancer Gampistron. Nous l'avons vu lorsque nous nous sommes occupés de son Alceste ^ ; nous Talions voir de nouveau en nous arrêtant un moment à son Oreste et

Pylade.

La liste seule des personnages donne la mesure de la

fidélité de pinceau qu'on peut s'attendre à trouver dans

cette imitation de l'antique. Thoas, roides Tauro-Scythes,

a un capitaine dea gardes' et deux ministres d'Eat. Nous

apprenons plus loin qu'un ambassadeur sarmate réside auprès de lui, et qu'une sorte d'agent diplomatique voyage par ses ordres dans la Grèce. Yoilà, certes, pour un monarque barbare, une cour et un gouvernement bien régulièrement organisés. L'amour y jette beaucoup de trouble. Le tyran, tout tyran qu'il est, est aimé d une

certaine Thomyris, princesse du sang royal des Scythes,, qui ne serait pas fâchée de remonter, en l'épousant, au

trône dont il a dépouillé sa famille. Mais il aime ailleurs,

tomme on disait alors, et veut, lui, épouser la prêtresse de

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