Ueroid.f epist. 1, 39 sqq
8 Art. amat.^ II, 123 sqq.
RHÉSUS
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auxquels s*applique parfaitement le principe d'Aristote*, que l'action d'un ennemi qui tue son ennemi ne peut suffire à la pitié tragique : leur succession fortuite attache dans un récit, mais ils manquent peut-être de la liaison, de la connexion nécessaires à l'intérêt, à l'unité dramatiques. On le sent, en lisant la pièce, malgré l'art assez
remarquable avec lequel l'auteur les y a groupés, les y a
rassemblés, resserrés dans d'étroites limites de temps et
de lieu, enfin rattachés au développement fatal de la destinée de Rhésus.
A cette espèce de concentration d'éléments un peu discordants préparait un prologue dont nous n'avons que le premier vers, conservé par le grammairien qui a rédigé l'argument grec du Rhésus. Selon ce grammairien, il existait de cette tragédie un second prologue, dont il
fait honneur aux comédiens. Il en cite onze vers qu'il dit tout à fait prosaïques, jugement tantôt contredit ^ tantôt
confirmé' par les critiques modernes; ce qui montre bien,
pour le dire en passant, que, quand il s'agit des anciens,
il est difficile de prononcer, avec une entière certitude,
sur le mérite du style. Dans le premier des deux prologues, le véritable, Minerve parlait peut-être seule ; dans le second, elle dialoguait avec Junon : dans l'un et dans l'autre, ces déesses étaient représentées comme venant au secours des Grecs vaincus et menacés par les Troyens. Le Rhésus a peu perdu en perdant son prologue ; ainsi que Vlphigénif'' en Aulide^ qui a subi la même suppression*, il s'explique très-bien sans cette préface.
1. Poet.j XIV. Voyez Hardion, Sur la tragédie de lihésus; Mém. de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, t. X, p. 323.