Poet.j xxiu
RHESUS.
dans la troisième, le sacrifice qu'il fait de son ressentiment aux prières du roi des Troyens*. L'Iliade n'a fourni à Sophocle, autant qu'on peut le savoir du moins, que ses Phrygiens, que l'idée générale de son Thamyris\ de son Phénix^', à Euripide enfin, avec la matière d'un autre Phénix^ que celle de con Rhésus, si toutefois (cette question a été fort controversée ; j'y reviendrai plus tard) il est l'auteur de cette pièce.
Ce qui se lit au dixième chant de l'Iliade et qu'ont souvent rappelé les poëtes latins, Virgile décrivant les
bas-reliefs des temples de Garthage ^, ou expliquant la
généalogie d'Eumède' ; Ovide, dans la lettre de Pénélope à Ulysse", dans les entretiens d'Ulysse a.vec Galypso», est assurément plein d'intérêt. Mais cet intérêt est-il bien celui du drame, de la tragédie? On en peut douter. Les Grecs, resserrés dans leur camp par les Troyens vainqueurs, envoient, pendant une nuit d'alarmes, Diomède et Ulysse observer les dispositions de leurs ennemis. Les
Troyens, de leur côté, confient une mission semblable à Dolon. Surpris en chemin par les deux héros grecs, le Troyen, avant qu'ils l'immolent, leur abandonne des secrets qui leur permettent de pénétrer impunément dans le quartier des Thraces arrivés de la veille, d'y massacrer, pendant son sommeil, leur roi Rhésus, et d'emmener ses fameux coursiers. Ge sont là des accidents de guerre
1. Voyez G. Hermann, De Mschyli MyrmiaonvbuSj Nereidibus, Phrygibus Dissert., 1833 ; Opusc. 1834, t V, p. 136 sqq. Cf. Welcker, TriL;
Ahrens, yEschyl., éd. F. Didot, 1842, p. 181 sqq. Voyez aussi Hygin.;
Fab. cv, Hectorislytra; Attius, fragments des tragédies suivantes : Achilles ou Mirmidones, ou Hellènes, Briseis, Epinausimache , Nyetifjresia, et sur ces pièces, en dernier lieu, O. Ribbeck, Tragic. latin. reliq., 1852, pr 303 sqq. Chez le mythologue et le tragique latins se retrouvent des traces de la trilogie d'Eschyle.