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RHÉSUS
littéraire, c'est qu'elle compose le chœur, et qua ce titre elle est obligée d abandonner son poste mihtaire, pour venir prendre, entre rorchestie et la scène, le poste dramatique que lui assigne l'ordonnance du théâtre
Hector informé que le camp des Grecs semble plus éclairé que de coutume, et qu'on y remarque un mouvement extraordinaire, en conclut que les ennemis repoussés la veille dans leurs retranchements , et sauves d une déroute entière seulement par la nuit, songent à se rembarquer avant le jour. Il gémit d'une fuite qui lui arrache des mains sa victoire inachevée ; il ordonne, qu on s eveille qu'on s'arme au plus vite, pour aller du moins la troubler, l'ensanglanter. Dans cet élan guerrier paraît un crrand amour de la gloire, une grande ardeur de courage, mais aussi une précipitation d'esprit plus convenable à un soldat qu'à un général. Le chœur le lui l'ait discrète-
ment entendre, et bientôt Énée, qui accourt au bruit, le lui répète avec la rude franchise de ces anciens temps. « Plût aux dieux , lui dit-il , que tu susses penser aussi bien qu'agir. Mais nul mortel ne possède à la fois tous les dons : à chacun son partage, à toi le combat, à d'autres le conseil*. » C'est la diflérence que met précisément entre Hector et Énée, Philostrate, disant^ que l'un était le bras, l'autre la pensée des Troyens; c'est celle qu'on trouve établie, dans l'Iliade», entre Hector et Polydamas, auteur en plus d'un endroit de ce poëme, de prudents et francs 'avis, comme l'est ici Énée, mais pas toujours aussi docilement écouté. Il ne me paraît donc pas que l'écrivain quel (iu'il soit, à qui appartient le Rhésus, s'écarte autant qu'on l'a dit* de la tradition homérique dans ce contraste, peut-être cependant trop marqué, entre l'emportement irréfléchi d'Hector et la prudence d'Énée. Il