W. Schlegel
LES SUPPLIANTES. — LES HÉRACLIDES. 183
dienne vigilante et redoutable des lois divines et hu-
maines.
Un motif plus particulier paraîtrait avoir dirigé dans
le choix de ces sujets l'auteur des Suppliantes et des Hé-
raclides. On voit, chez un scoliaste *, que la première des deux pièces fut représentée sous rarchontc Antiphon, la
troisième année de la xc* olympiade, dans le temps, ditil, OÙ les Argiens et les Lacédémoniens s'envoyèrent mutuellement des députés pour faire alliance ensemble. D'autres'^ la font remonter un peu plus haut, à la quatrième année de la lxxxix* olympiade, époque d'un traité
conclu, au contraire, entre les Argiens et les Athéniens.
Quoi qu'il en soit de l'exactitude de ces dates, de celles auxquelles on a pu encore s'arrêter', il semble difficile de douter, cela a été remarqué plus d'une fois*, qu'en retraçant les antiques obligations que,' d'après la fable,
Argos avait contractées envers le peuple athénien, Euripide ne se soit proposé, autant qu'il était en lui et qu'il appartenait à une tragédie, de conserver à Athènes, et de détourner de Lacédémone l'amitié chancelante des
Argiens. L'intention d'exciter la haine contre les Thébains n'étant pas moins visible dans cette pièce, on a
pensé d'autre part'' qu'elle devait être postérieure à un
fait qui se passa la première année de la lxxxix* olympiade, et auquel elle semble faire allusion, le refiis des Thébains aux Athéniens vaincus par eux, dans l'affaire de Délium, de les laisser ensevelir leurs morts^ Mêmes incertitudes sur la date des HéraclideSj que des calculs di-