‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 690 sur 893 · Musgrave · texte numérisé non relu

Musgrave

par un conseil dégagé de toute faiblesse maternelle et dans un intérêt si peu personnel , envoie son fils à la guerre, offre un spectacle dont le poëte fait habilement ressortir la grandeur*. « Je ne crains rien pour toi, lui dit-elle, la justice t'accompagnera*. » — « Comment, ré-

plique-t-il, me refuser à une entreprise où celle qui m'a fait naître, une mère si tendre, si prompte à s'alarmer, m'appelle la première ^ » Euripide n'a pas pris moins de soin d'associer à la gloire de ce dévouement Athènes ellemême. Thésée veut consulter le peuple, bien sûr d'avance,

dans une telle cause, de son suffrage. Si nous ne connaissions pas l'histoire des Athéniens, le penchant qui les portait à s unir avec les faibles, penchant que leurs ennemis leur reprochaient comme une témérité impolitique, et dont ils s'applaudissaient comme d'une vertu

généreuse et souvent utile \ nous l'apprendrions par ce beau passage dont l'idée se reproduit plus d'une lois dans

la même pièce et dans les Héraclides\ et auquel je me figure que répondaient dans l'amphithéâlre de patriotiques

applaudissements :

« Lorsqu'on accuse la patrie d'imprudence, ne vois-tu pas de quel fier regard elle répond à ses accusateurs? C'est qu'elle grandit au milieu des travaux, des dangers; tandis que ces villes si amies du repos, si timides, restent dans l'ombre, et baissent humblement les yeux*. •

Thésée sort pour se rendre à l'assemblée du peuple, accompagné d'Adraste, dont la vue appuiera ses discours', et de sa mère, que, sur ses instances, les Suppliantes ont enfin

laissée libre de partir. Je mentionne un si petit détail, parce

1. Voyez t, I, p. 130 sqi-, le discours de la femme d'Érechthée, d'dprès les fragments consentes de VÉrechthée d'Euripide.

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