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7. Ainsi fait Pélasgus dans les Suppliantes d'Kschyle, pièce dont
semble s'être quelquefois inspiré Euripide dans celte tragédie et, on le verra au chapitre suivant, dans les Héraclides.
LES SUPPLIANTES. — LES HERACLIDES
qu'avec d'autres que j*ai pris soin de rappeler, il fait parfaitement connaître la nature de ce droit des suppliants que l'histoire, non moins que la poésie, nous représente comme si respecté et même si redoutable dans ces temps anciens ; le caractère de cette prière, qui, conjurant au
nom des dieux, ne craignait point de se montrer importune, obstinée, menaçante, et usait, pour ainsi dire, de
violence envers la pitié.
Les choses se passent dans cette tragédie avec une rapidité propre à surprendre ceux qui, sur la foi de la critique vulgaire, regardent les tragiques grecs comme de rigides observateurs de l'unité de temps. Un chœur trèsvif et très-court, rempli de la reconnaissance des mères argiennes et de la gloire d'Athènes, leur protectrice, sépare le départ de Thésée de son retour. Il a déjà obtenu
le consentement du peuple ; il a réuni une armée, et
nous le voyons qui se dispose à députer vers le roi de Thèbes, pour tâcher d'abord de le persuader, lorsqu'il est
lui-même prévenu par l'arrivée d'un héraut que lui adresse ce prince.
On peut s'attendre à une scène intéressante ; mais avant qu'elle commence véritablement, il prend fantaisie au poëte d'engager, entre l'envoyé de Gréon et Thésée, une dispute en forme sur les avantages respectifs du gouvernement démocratique et de la monarchie*. De tous les
développements épisodiques dont cette pièce abonde, ce-
lui-ci est le plus étendu et certainement le moins lié au
sujet. On peut y louer une gravité de pensées et d'expres-
sions analogue à celle qui distingue la fameuse délibération de Cinna, et en même temps une singulière adresse à mêler à de fines satires des louanges délicates ; mais on ne peut se dispenser d'y blâmer un défaut de convenance, que du reste Euripide ne parait pas s'être dissimulé, et dont il a l'air de plaisanter, en homme qui se joue de son art et prend ses aises avec son public. Thésée trouve ce
1. Voyez, sur celte scène, ce qui en a déjà été dit incidemment. t. I, p. 179.
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