V. 780 sqq
ports de la douleur s'étaient calmés, Thésée interrogeait
Adraste sur ces guerriers si regrettés. C'était deleurcaractère qu'il s'informait et non du détail de leurs exploits ; car, disait-il, ou plutôt disait à sa place Euripide, pour
se moquer en passant des relations de combat trop circonstanciées :
« Demander quels ennemis un guerrier a rencontrés sur le champ de bataille, de quelle lance il a été blessé, c'est faire une question ridicule : la réponse ne le serait pas moins. Dans Tardeur de la mêlée, lorsque le fer étincelle de toutes parts, qui peut observer exactement la conduite de chacun?... En présence de Tennemi, à peine a-t-on le loisir de distmguer ce
qu'il importe le plus de voir*. »
On peut juger par cette satire littéraire ^ si le mouvement de la composition laisse à Euripide la présence d'esprit que l'ardeur du combat enlève au guerrier.
L'éloge des guerriers morts ^ tel que le fait Adraste, contredit l'idée qu'on s'en forme d'après les Sept Chefs d'Eschyle, et même d'après Us Plié/iicicnnes d'Euripide. Il paraît étrange d'entendre louer les vertus domestiques, les qualités sociables de ces hommes violents et audacieux, qui bravaient la terre et le ciel même^ Plusieurs critiques* ont supposé, non sans vraisemblance, que des allusions contemporaines réch au fiaient cette scène un peu froide. On remarquera, avec Denys d'Halicarnasse ^ qu'elle fait remonter bien haut l'usage des éloges funèbres. Il en est de même de cette scène d'Eschyle, dans la-