Pro Milone
4. Réussit il au moyen de la force et de la persuasion? Hérodote (IX, 27), suivi par Euripide, a été du premier sentiment; Plutarque (Vit. Tnes.j 28), qui semble s'autoriser des ^feusmierw d'Eschyle (voii
rapides clans cette pièce que les- voyages elles combats.
A peine les personnages du chœur, d'autres y joignent
Étlua ou Adraste, ont-ils eu le temps de se communiquer leurs craintes, leurs espérances au sujet de la guerre commencée, qu'un messager leur en annonce Tissue. Prisonnier depuis la défaite des Argiens, il a tout vu du haut des murs de Thèbes. Il raconte, engrand détail, la victoirede Thésée ; comment ce prince n'en a voulu d'autre prix que les morts pour lesquels il avait combattu; comment il les a lui-même ensevelis de ses mains, à l'exception des chefs* que l'on rapporte à leurs mères et qui sont drjàtout près d'Eleusis ; car, dit singulièrement le narrateur, comme
pour excuser une rapidité d'événements peu vraisemblable,
« le zèle abrège la distance =. » La modération de Thésée
est dignement louée par Adraste à qui elle fait faire, sur
sa conduite hautaine et imprudente dans la guerre de Thèbes, un triste retour. L'éloge de son humanité, do sa piété, ne ressort pas avec moins d'éclat dans ce beau dia logue :
ADRASTE
Des esclaves sans doute ont enlevé leurs corps de la t hq sanglante où ils étaient tombés.
Dlus haut, p. 185 sq.), du second. Isocrate a varié à ce sujet d'une manière p quante, ayantdans son ranaihémïque, sans doute par égard Dour les 'Ihébains, alors alliés d^A;hènes, conlredit ce quaillcurs, dans son Panéguriquc, dans son Lloge d'Hélène,^ il a dit de la contrainte faite à ce peuple. Voyez sur cette dilticultc, aveclcs passages qui viennent d'Ctie indiques, la note 36 de Larcher sur le livre 1X«
d Hérodote.
l. Cf. riuiarch., Vit. Ihcs., 28. . ., ^. „ . •
'> V 766. Corneille dans son Troisième discours, Des trois unîtes, a, lefevé spirituellement ce défaut de ^Tai^emblancc. « Euripide, a-t-il di \ dins les Suppliantes, fait patlir Ihésée d'Alh'nes avec une armée,
donner une bataille devant les murs de Ihèbes, qui en étaient éloignés de dou/.e ou quinze lieues, et revenir vicioneux en lacté suivant- et depuis qu'il est parti, jusqu'à l'anivée du messagar qui vient
fair^' le récit de sa victoire, El lira et le chœur n'ont que trente-six VPiVà dire. C'est ass^z bien employer un temps si court. ^ Enorme hrerita del fc»ipo,a dit à son tour, de l'étroit espace do temps où sont resserrés les ('vénemcnts multipliés de celle tragédie, Metasfise, dans ses Observations sur le théâtre grec.
LES SUPPLIANTES. — LES HÉRACLTDES. 197
LE MESSAGER
Nul esclave n'a eu de part à celle œuvre; vous eussiez d,l
aue ces morts avaient élé chers à riiesée.
^ ADRASTE. , .
Quoi donc! a-t-il lavé lui-même les blessures de ces infortunés?
LE MESSAGER
Il a de plus dressé leur lit funèbre, enveloppé leur dépouille.
ADRASTE
C'était un minictère bien triste, bien humiliant.
LE MESSAGER. ,
Est-il humiliant de prendre part aux maux communs de l humanité * ? 1 m ' ï
Nous savons quel fut le succès d'un vers de Terenco fort ressemblant à C3 dernier trait :
Homo sum : humani nihil a me alienum pulo.
Ce n'étalent pas là deces maxime, parasites et ambitieuses qui cherchent l'applaudissement : c'était la leçon même du
théâtre antique. ,
L'action est parvenue à son terme; le reste ne seraplus, pour ainsi dire, qu'une élégie à grand spectacle. Mais, au milieu du trouble de la douleur et du désordre lyrique il V a encore place, pour les Grecs, à l'observation morale. L'aveu involontaire de cette jalousie secrète que nous donne, dansle malheur, la prospérité d'autrul. me semble Se- Chapper, avec bien de la vérité, do ces premières paroles
du chœur :
. D'un coté le bonheur, de l'autre Vinforlune. ro""- cette vil e po..r les chefs de ses guerriers, ces un surcroît de gloire et d'honneur; pour moi, c'est le spectacle de mes «"tots qu ne sont plus, spectacle douloureux, et cependant bien doux' !... »
L'arrivée du cortège funèbre conduit par Adraste, qui a étéle recevoir, lemouvementtumultueux deces mères qui se précipitent sur les cercueils de leurs fils, devaient offrit
un tableau animé et touchant. Quand les premiers trans-
î. Ileaut., 1, 1, 77.