Voyez, plus haut, p. 31 sqq
LES SUPPLIANTES. — LES HÉRACLIDES. 227
et, par suite, de leur eflet. Ils n'en restent pas moins, après tout, un ouvrage de grande valeur et trop peu ap precie de la critique. L'expression naïvement éloquente des mœurs, de la passion, nous y attache encore, et il
charma de plus les Athéniens, non-seulement par l'a-
propos piquant des allusions contemporaines, mais par
Ja reproduction animée d'un des faits Jes plus glorieux de kurs annales fabuleuses, faisant revivre ce que leur
rappelaient çà et là leurs monuments : dans le bourg de Pallène, le tombeau d'Eurysthée * ; à Marathon, la fontaine de Macarie ' ; au sein d'Athènes même, la peinture de Pamphilus '.
Cette aventure et celle qui fait le fond des Suppliantes les orateurs athéniens, je l'ai dit ailleurs S ne manquaient
guère, dans leurs panégyriques d'Athènes, de les rappeler. Les exemples que j'en ai cités étant tous postérieurs
a Euripide, il est permis d'attribuer en grande partie à
ses deux tragédies la popularité de ce moyen oratoire.
En VOICI un pourtant qui la fait remonter plus haut. Lorsque, ayant la bataille de Platée, les Athéniens disputèrent aux Tégéates le commandement d'une des ailes de l'armée grecque, celui qui fit valoir les titres dont ils appuyaient leur prétention, n'omit pas d'y comprendre le secours accordé par Athènes, dans les temps anciens,
aux restes insultés des sept chefs, à la famille persécutée
d'Hercule •.
A de tels sujets s'attachait, sur le théâtre de Bac-