Foet,, IV. Cf. Prohlem., xix, xxxi
HISTOIRE GÉNÉRALE
temps, par cette raison, celui de la tragédie; les antiques
fondateurs de Tart tragique, Thespis, Pratinas, Gratinus, Phrynichus, par laltenlion particulière qu'ils avaient donnée, comme auteurs, comme chefs de troupe et acteurs, à raccompagneraent mimique de leurs œuvres
avaient mérité ce même nom d'orchestiques * ; enfin, s'il
en faut croire une anecdote piquante d'Élien % Tun d'eux,
Phrynichus, avait été élu général au théâtre même, pour ^les vers de tragédie, dont le rhylhme militaire convenait
aux mouvements de Ja danse pyrrhique. Aristophane
s'égaye quelquefois sur les agréments un peu grossiers,
les grâces un peu rudes de leurs gestes et même de leurs
pas, dont on pourrait presque, au besoin, retrouver le dessin dans ses vers*; une autre fois, descendant jusqu'à
ses contemporains, et jouant sur le nom de Garcinus, il représente follement toute cette famille dramatique de poètes et de danseurs*, sous la figure bouffonne d'un
ballet de crabes ^ Dans l'intervalle, l'art orchestique n'avait pas été négligé, il s'en faut bien, par les maîtres
de la scène, Eschyle Tavait pratiqué et y avait lui-même
exercé ses acteurs S dont l'un qu'on peut regarder comme
son disciple en ce genre, Télestès, y avait excellé, au
point que, dans la tragédie des Sept chefs, ses gestes rendaient visibles aux yeux les tableaux si vifs retracés parles vers du poëte'. Sophocle, qui, dans la fleur de son adolescence, l'éclat de sa beauté, avait dansé autour du trophée de Salamine, n'avait pas dédaigné, plus tard
de faire son rôle parmi les jeunes compai,'nes de sa Nausicaa, qu'une scène naïve et familière représentait jouad
ensemble à la balle comme dans VOdyssée, et sans douie
avec cette grâce, cette harmonie de mouvements que les
1. Aihen Deipn. I (Voyez plus haut p. 6, note 1-.) Cf. Plularch., Sympos., Vill, 9. - 2 Var. hisL, fil, 8. {Voyez plus haut, p. 91.) -i 3. Vesp., lol2 sqq. ~ 4. Voyez plus haut, page 99 sq.
5. Fe^p. 1523 sqq Par une erreur bouffonne, Dalechamps a fait (1 un crabe, <iont il est question chez Athénée, XV, le poète Carcinus Voyez Valcken, ad Euripid. Phœnùs., 815. Meineke, Fraam. comte' grœc, t. I", p. 512, attribue à Meursius et à Gesner la nième inadi vertauce.