TiTtuII., adters. Manion., I, i. cf. Apoloaet., xvni
mai isli)* WÔ7°"'1"°"' ''"I' '^ •'''"^'"'' ^'^ Savants, janvier et mai IS^g, p 12, 27aetsuiv., les iutére.siirts articles où M rh,ri..
6^^M^'^lT^''^ .ensemble par un lettré du Ba^E «p ire II Test n?s
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Îm^Po!.'. ^^^^/' ""^ ^°^ ^^ ^"'^«'^ ^i"' interd sait auf ch?étlLs l'S et la lecture des poë es païens, loi dont il conteste la réal!^ i t n v cherche pas d'autre intention que celle qui, selon le saint auteur lïi?
DE LA TRAGEDIE GUECQL'E
sèbe* et Eustathe^, par saint Clément d'Alexandrie*, à
la fin du il® siècle, ou tout au plus au commencement
du III®, et que des conjectures en ont fait vivre l'au-
teur dans les temps qui ont précédé la venue de Jésus-Christ, Tont même donné pour un des Septante. Cet
auteur, nommé Ezéchiel, était peut-être un de ces juifs
hellénistes qu'on a soupçonnés d'avoir, ainsi que les chrétiens , glissé dans les ouvrages dramatiques des
Grecs certains passages étrangers et même contraires aux idées du polythéisme, et qui sembleraient, chez des
poëtes païens, une révélation du Dieu de Moïse et de
Jésus-Christ, si le langage ne déposait de la fraude religieuse qui les leur a prêtés*. Dans Touvrage d' Ezéchiel,
auquel peut-être on peut donner pour antécédent la tragédie de Suzanne^, composée du temps d'Auguste, par Nicolas de Damas, une suite de scènes assez grossièrement imitées, quant au mètre, quant au style, quant à certains détails de composition, de la tragédie grecque, retraçait dramatiquement ce que raconte l'Exode, la sortie du peuple de Dieu hors de l'Egypte, et son long
voyage vers la terre promise, sous la conduite de Moïse.
Nous avons en entier la scène oii Moïse lui-même, chargé
du prologue, comme les personnages protatiques d'Euripide, reprenait les choses à leur origine, c'est-à-dire à l'émigration de Jacob et de sa famille, et, après un long
détail de l'histoire des Hébreux et de la sienne, faisait
enfin connaître son arrivée au pays de Madian. Nous
même (Carra, xxx, e;; ta eauLeTpa^ Oper., t. II, p. 900 sqq.) lui avait
inspiré tant et de si diverses poésies, celle de prêtera la vérité les séductions par lesquelles les païens attiraient au mensonge. II lui paraît
évident que la partie du Xpiaiô; nâaym qu'on peut attribuer à saint Grégoire de Nazianze n'a pu être écrite pour la scène; mais il n'oserait de même affirmer que les parties qu'on y a jointes et dont la forme
est plus dramatique, que ces pièces écrites probablement dans des monastères, au VI" et au viii" siècle, n'y ont pas été représentées.
l.Prxparat.evaug.f IX, 28, 29. — 2. Ad H examer on.— 3. Strom.,L Voyez Kuet, Demonstrat. evang. , IV, ii, 24; Bayle, art. Ezéchiel.
4. Voyez Bœckh, Grœc. trag. princip,,xn. — 5. 1.tûaa^i<; ou Soiâvvrj;*, Eustath., ad Dionys. perieg.y 976. Cf Nie. Damasc, De vita sua, inter ejusdem excerpta, éd. de J. G. Orellj, Leips., 1814, t. I, page 4.
DE LA TRAGÉDIE GRECQUE
sublime de Prométhée, où Tertullien apercevait une image confuse du mystère de la rédemption*. Au reste, l'industrie d'un poëte érudit, qui assemble laborieusement les pièces au moins profanes, parfois païennes, de son centon^ chrétien, les préoccupalious d'un théologien, jaloux d'expliquer le dogme autant que d'intéresser à l'histoire de son merveilleux établissement, beaucoup d'incohérences, de contradictions, de longueurs et de redites souvent textuelles, refroidissent cet ouvrage, dans lequel cependant l'écrivain se maintient, en plus d'un endroit, assez heureusement, au niveau du pathétique d'Euripide,
et, chose plus difficile, de celui des Écritures. Gs n'est
point un drame que celte Passion; c'est un dialogue con . tmu, sans entr actes, sans divisions d'aucune espèce, où les journées se succèdent, où la scène se déplace, sans qu'on en avertisse, par le seul travail de l'imagination du lecteur*. Il en était ainsi dans un autre drame, ou plutôt dans un autre ouvrage de forme dramatique, composé, non pas sur un sujet du Nouveau, mais de l'Ancien Testament, non pas par un chrétien, mais par un juif, à une
époque fort antérieure, puisque quelques-uns des fragments qui nous en restent ont été transcrits, avant Eu-
1. Tertull, advcrs. Marcion., I, i. Cf. Apologet., xvni. m.î* ic^b^" sur cet ouvrage dans le Journal des Savants, janvier et mai 1849, p. 12, 27Detsuiv.. les intére.siiTts articles où M. Charles Magn.n ea fait connaître, par des analyses et des traductions, le ciracière , et rapportant les opinions si nombreuses et si diverses qui le re irent ou le maintiennent, par des raisons tantôt tliéologiques, tantôt litiéraires, a sairit Grégoire de Nazianze, les accorde toutes au moyen de cette opinion nouvelle, que le Xpiatè; Tida/cov, tel qu'U nous est parvenu, est un ama'game assez indigeste de deux ou trois drames ou
iBTrr^'^lâ^^''^'^^' if'^^ ^"^^® ^^ ^^' ^t ^« ^'"^' s'^c'e et cousus fort négligemment ensemble par un lettré du Bas-Empire. II n'est pas
rr^îfJrl / "'^"■? i"®' *^ ^^^^ ancienne des pièces ainsi réunies est
1 œuvre de saint Grégoire de Nazianze, soit lors de sa retraite à t^u^""^' soit pendant son épiscopat à Nazianze et à Constanlinople. SOU même, et cela Im paraît le plus prohable, au temps de ses étudej à Athènes et de sa préparation au sacerdoce. Il n'admet point du reste qu II ait voulu, par cette composition de sujet religieux et de forme
profane éluder une loi de Julien qui interdisait aux chrétiens l'étude et la lecture des poètes païens, loi dont il conteste la réalité. II nV Cherche pas d autre intention que celle qui, selon le saint auteur lui-
sèbe* et Euslathe\ par saint Clément d'Alexandrie», à la fin du Il« siècle, ou tout au plus au commencement du iii«, et que des conjectures en ont fait vivre l'auteur dans les temps qui ont précédé la venue de Je-
sus-Christ, l'ont même donné pour un des Septante. Cet
auteur, nommé Ézéchiel, était peut-être un de ces juifs hellénistes qu'on a soupçonnés d'avoir, ainsi que les chrétiens, glissé dans les ouvrages dramatiques des Grecs certains passages étrangers et même contraires aux idées du polythéisme, et qui sembleraient, chez des poètes païens, une révélation du Dieu de Moïse et de Jésus-Christ, si le langage ne déposait de la fraude religieuse qui les leur a prêtés*. Dans l'ouvrage d'Ezéchiel, auquel peut-être on peut donner pour antécédent la tragédie de Suzanne^, composée du temps d'Auguste, par Nicolas de Damas, une suite de scènes assez grossièrement imitées, quant au mètre, quant au style, quant à certains détails de composition, de la tragédie grecque, retraçait dramatiquement ce que raconte TExode, la sortie du peuple de Dieu hors de l'Égypte,^ et son long
voyage vers la terre promise, sous la conduite de Moïse. Nous' avons en entier la scène où Moïse lui-même, chargé du prologue, comme les personnages protatiques d'Euripide, reprenait les choses à leur origine, c'est-k-dire à l'émigration de Jacob et de sa famille, et, après un long détail de Thistoire des Hébreux et de la sienne, faisait enfin connaître son arrivée au pays de Madian. Nous
même (Carm. xxx, el; ai Eau-Eipa^ Oper., t. II, p. 900 sqq.) lui avait inspiré tant et de si diverses poésies, celle de prêtera la vente les séductions par lesquelles les païens attiraient au mensonge. Il lui parait évident que la partie du XpiaTo; 7tàcïx<ov qu'on peut attribuer à saint
Grégoire de Nazianze n'a pu être écrite pour la scène; mais il n oserait
de môme affirmer que les parties qu'on y a jointes et dont la forme est plus dramatique, que ces pièces écrites probablement dans des monastères, au vi« et au vni« siècle, n'y ont pas été représentées.
l.Prxparat.evang., IX, 28, 29. — 2. Ad Hexameron. — 3. Strom.,\. Voyez Kuet, Demonstrat.evang., IV, ii, 24; Bayle, art. EzémeL.
4. Voyez Bœckh, Grasc. trag. princip.,xii. — 5. Swaavfç ou SoTawrj;; Eufetatti., ad Dionys. perieg., 976. Cf Nie. Damasc, De vita sua, inler ejusdem excerpta, éd. de J. C. OrellJ, Leips., 1814, t. I, page 4.
HISTOIRE GÉNÉKALE
avons en partie celles où il était représenté rencontrant les filles de Ragiiel, consultant son beau-père sur un soDge prophétique qui lui annonçait sa mission, conversant avec la voix divine du buisson ardent ; celle où un Égyptien, échappé au naufrage de Pharaon et de son armée dans les eaux subitement rapprochées de la mer Rouge, apportait la nouvelle de la miraculeuse évasion ; celle enfin où les éclaireurs de Moïse venaient lui faire d'assez longues descriptions des douze fontaines et des soixante-dix palmiers d'Élim, indiqués si succinctement par PEcrit lire*, et aussi de ce qui ne s'y voit nulle part, du fabuleux oiseau d^ l'Arabise 2. Cette analyse montre assez que la Sortie d'Egypte d'Ézéchiel, comme la Passion de Grégoire, simples récits en dia'ogues, n'étaient point destinées à la scèDe^ A cela près, et sauf l'élégance empruntée qui distingue le second des deux ouvrages du premier, ils n'étaient pas l'un et l'autre sans ressemblance avec ces mystères, ces chroniques par lesquelles devait recommencer assez péniblement le théâtre chez les modernes, avant que le génie des Grecs leur fût venu en aide.
Au XV" siècle reparaît enfin en Italie, après une trop longue éclipse, ce brillant génie, d'abord dans les manuscrits sauvés de Gonstantinople conquise ou achetés