Fragm. in; Phil., ibid
5. Fragm. iv, v; Phil., tbid. Barnès, et,à ce qu'il semble, Musgrave, placent, comme je le fais, ces paroles dans la bouche de Sylée. Matthiae préfère les prêter à Mercurp ; ainsi iait Hartung, ibid., t. I, p. 160 sqq. Wagner, ibid., p. 784 sqq., reste dans le doute à ce sujet. On est loin, d'ailleurs, de s'accorder sur la distribution de ces premiers fragments dans les scènes par lesquelles s'ouvrait, le drame.
: il
LE CYCLOPE
nous montrent que le point de départ du drame satyriqae était, si bas qu'il dût descendre, le ton de la tragédie :
« Nul ne se soucie d'acheter, ae placer dans sa maison plus fort que soi, de se donner un maître. Rien qu'à te voir, on tremble; ton œil est plein de feu, comme celui du taureau attendant l'attaque du lion. Dans ton silence même, se trahit ton caractère. On peut juger que tu serais un serviteur peu docile, plus disposé à commander qu^à obéir. »
Ces appréhensions de Sylée ne tardent pas à se vérifier ; il est bientôt aussi embarrassé de son nouveau serviteur, que l'est, dans les Bacchantes^ Penthée de son prisonnier ^ Hercule envoyé aux vignes, au lieu de les
façonner, les déracine, en forme nn immense fagot qu'il
rapporte sur ses épaules ; avec le feu qu'il allume, il fait
cuire d'immenses pains, rôtir un superbe taureau, immolé à Jupiter, mais dont il prendra lui-même sa part,
une large part ; il force le cellier ; il défonce les tonneaux ; en quelques moments tout est prêt pour son re-
pas, qu'il prend sur les portes de l'habitation, dont il
s'est fait une table, mangeant, selon son habitude, célébrée même dans la tragédie ^ et que le drame satyrique, dont il est le personnage de prédilection, ne pouvait
omettre, de grand appétit, buvant à longs traits et sans eau, chantant à pleine voix et se faisant servir d'autorité, par le maître de la ferme interdit, des fruits de la saison et des gâteaux. Cependant survient Sylée, fort irrité du
dégât fait dans sa maison des champs, et surtout des
façons insolentes de son serviteur, qui, sans s'émouvoir,
l'invite à se mettre à table, à lui faire raison la coupe à la
main'. Ces scènes, dont on nous a transmis des esquisses.
devaient être véritablement fort réjouissantes. Mais au milieu des mille traits bouffons qui les animaient reparaissait de temps à autre la tragédie ; par exemple, dans