scène antique, une surprise que n'aurait certainement pas
éprouvée le personnage fictif qu'il fait parler. Anacharsis,
remarquant qu'il n'y a pas de spectateurs à ce qu'il appelle « le parterre », est presque aussi moderne que le bon Baillet, lorsqu'il nous raconte, d'après les scoliastes d'Eschyle, qu'à la représentation dos EuménideSj plusieurs
femmes accouchèrent de frayeur «dans les loges*». Mais ce sont là de ces inadvertances qu'il ne faut pas prendre trop
au sérieux. Un tort plus grave, assez récemment relevé chez Barthélémy^, avec une évidence déraison, une sûreté de goût qui interdisent d'insister sur ce point, c'est que»
malgré sa science si réelle et si profonde, il a quelquefois regardé de notre point de vue, reproduit avec nos habitudes de pensée et de style, la littérature des Grecs, et particulièrement leur tragédie. Si ce reproche, qui a paru hardi, est fondé, comme je le crois, rien ne peut
mieux montrer qu^une appréciation impartiale et libre de la tragédie grecque était chose à peu près impossible à
im critique français du dix-huitième siècle'.