‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 860 sur 893 · Politic, VIII · texte numérisé non relu

Politic, VIII

ET l'histoire de LA CRITIQUE CHEZ LES GRECS. 411

cherchant l'utilité sociale des arts, et particulièrement do

la musique, en distingue de diverses sortes : l'une morale,

propre à l'éducation ; une autre animée, propre au délassement^ à la distraction ; une autre passionnée, propre à

la purgation^ xâôapdt;. Ce qu'il entend par là, il le développera, annonce- t-il, dans la Poétique, se contentant ici de l'indiquer. Malheureusement, par suite de cette destinée qui préside aussi aux livres, le développement s'est

perdu, l'indication seule est restée, et la. Poliiigue^ qui, en ce point particulier, devait être expliquée par la Poétiqu-, nous l'explique, au contraire. Nous y lisons, je me sers de la traduction de M. Egger' :

• . . . La passion, violente dans quelques âmes, se trouve

dans toutes, mais à des degrés différents; ainsi la pitié, la crainte,

Tenthousiasme. En effet quelques-uns sont vraiment entraînés parTenthousiasme, mais lorsquMls viennent d'écouter une musique sacrée, où Ton s'est servi des chants qui jettent l'âme dans un religieux délire, ils en ressentent une sorte de calme qui est comme'la guérisonet la purgation de l'âme. 'Opw^JLev.... xaOïaxa-

[jL^vouç &(J7îep taTpetaç Tuyàviaç xa\ xaOapacCjç. Il en est nécessairement de même des hommes sujets à la pitié, à la crainte, en général à quelque passion; il en est de même des autres hommes dans la mesure de leur caractère ; tous sont purgés et agréablement soulagés : ainsi les chants qui purifient l'âme nous causent un plaisir sans danger.... (ivaY/atov.... Tiàji Y^Yvecôa^ xiva xctOaptJiV xai xouo'CwOat (xeO' f^ôov^ç.... xh [dh^ ta xaÔapnxà

Appliquons à la poésie ce qui est dit ici de la musique, et Aristote lui-même nous y invite ; nous comprenons dans

le sens aristotélique, ce qui a tant embarrassé et prêté à

tant d'explications : comment la tragédie se sert de la

terreur et de la pitié pour faire écouler de notre âme, et l'en soulager agréablement et sans danger, les passions de cette sorte qu'elle recèle.

La Fontaine, cela est remarquable, s'est bien approché de cette idée lorsqu'il a fait dire, dans le 1" livre de son

roman de Psyché, au défenseur de la tragédie :

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