‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 87 sur 893 · néroid. , XIV, 43 sqq · texte numérisé non relu

néroid. , XIV, 43 sqq

rSCHYLE.

LES SUPPLIANTES

frapperai point ; je ne te retiendrai point captif dans ces murs

gu un pere en courroux m'accable du poids de ses chaînes pour avoir été clémente envers un époux malheureux, pour l'avoir

épargné; que ses vaisseaux m'aillent jeter aux déserts lointains

de la Numidie ? Va-t'en où t'emportera la rapidité de ta course

OU le poussera l'haleine des vents, tandis que favorisent encore ta fuite la nuit et Vénus. Va, pars sous d'heureux auspices et qu un jour notre triste histoire soit gravée de ta main sur mon tombeau . d

L'antiquité parle de deux jugements rendus par les Argiens : l'un sur Danaûs, et ses cruelles lilles, accusés devant eux par Egyptus^; l'autre sur Hypermnestre,

poursuivie, pour sa noble désobéissance, par Danaûs devant le même tribunal». D'habiles critiques ont pensé qu'il fallait chercher le sujet des Danaïdes d'Eschyle dans le second de ces jugements*, peut-être même dans tous les deux*, malgré la difficulté de concilier, par une exposition commune, ce qu'ils ont de contradictoire. La pièce selon ces opinions, aurait eu assez de ressemblance avec celle qui termine, par le procès d'Oreste, devant TAréopage, le terrible enchaînement de malheurs et de crimes que développe VOrestie; Vénus y aurait joué un rôle

analogue k celui de TApollon des Euménides, et, dans une sorte de^ plaidoyer de la déesse, en faveur très-probablement d'Hypermnestre , auraient trouvé place les vers qu'un des deux principaux fragments autorise à lui attribuer «; d'autre part, ce serait à un plaidoyer de

1. Od., III, XI, 37. — 2. Euripid., Orest., 861 , schol • Brlleronh fragm xx.x; Apoliod., Bt6/., II, i. - 3'. Pausan.; ConS xix xx ^xxV

4..We]cker, Trilogie d^ Eschyle, p. 390 sqq.; Bode /iî-^'ô.V.'d. /a poésie grecque tragédie, t. III. p. 307, etc. -^5. God. llermanii de jtschyL Danaidîbus; Opusc, t. II, p. 319 neiiuann, ae

6. Kiausen (r/ieo%î/mena MKhyli (raj/tn, Berlin, 18^9 n 174soo 1

expliquant le sens théologique de ceUe trilobé, raVporVe^iesévén^^^ ments dans la première et dans la dernière Dièce ^est-àHirP H»n«

part la fuite des Danaïdes hors de i'Égypte e't leu^ ret aHe à Uos

de 1 autre la désobéissance et le jugement d'Hypermnestre à IMnl fluence diverse, là de Minerve, ici de^ Vénus. Il lursemb'f en outre

que ces direc ions opposées, imprimées au cours des choses/trouva eni leur conciliation dans ce que célèbre si magnifiquement la p"è^e du

^J^n".V^^' ^'''^f '^' '°^''^'.'' ^^ toute-puissante volonté de^jupiter qui, par ces voies étranges, conduit à i'éiabiisscraent de la race rovale U'Argos, de la famille d'où doit sortir Hercule. ^

Danaûs qu'auraient appartenu les vers de l'autre fragment*. Quant aux événements si tragiques, si pathétiques de la nuit où ont péri, sous ks poignards de leurs

épouses, les fils d'Egyplus, où Hypermneslre a épargné,

a sauvé Lyncée, ils n'auraient été, à mon grand regret, je Tavoue, que des faits d'avant-scène, que la matière

J*un récit ^.

Ils ne pouvaient être rien de plus dans uae pièce d'époque bien postérieure, qui se distinguait par un mérite encore étranger à Eschyle, et tardivement, incomplètement obtenu par la tragédie grecque, le mérite de Tin-

trigue : je veux parler du Lyncée de Théodecte. D'après

certains témoignages antiques % on a pensé* que, dans

cette tragédie, un fils que Lyncée avait eu d'Hypermnestre,

le jeune Abas, tombait entre les mains de Danaûs, qui apprenait ainsi et la désobéissance de sa fille et l'existence de son ennemi, s'emparait de celui-ci et le traduisait, pour le faire condamner, devant un tribunal où il succombait lui-même. Aristote loue celte péripétie dans deux passages qui nous donnent comme l'analyse de l'ouvrage.

« .... Lyncée marchait à la mort, Danaûs le suivait pour

rimmoler; et voilà que, quand tout se décide, c'est Danaiis

qui meurt, c'est Lyncée qui est conservé.... dans le Lyncée

de Théodecte, le nœud, c'est la captivité du jeune enfant

et ce qui Tamène; le dénoûment, c'est ce qui suit l'accusation de meurtre, jusqu'à la fin '.... »

Je franchis un immense intervalle • en passant de Théodecte à notre Lemierre, qui, dans Tannée 1758, dé-

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