‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 88 sur 893 · Hygin., Fab · texte numérisé non relu

Hygin., Fab

4. O. Muller, Grxcorum de Lynceis fabula', Fr. G. Wagner, Poel. ir ig. grœc.frdgm.jéd.F. ser, llist. crit. trag. gnec, p. l2l.

h. Poet,, XI, xvni.

6. Or y rencontrerait sans doute d'autres sujet inauKuré par Pliiynichus . Eschyle et en IG^C, les Danaïdes de Gjmbaud, qualifié

tétralogie d'Eschyle, pré-

a adopte plusieurs de ces

Ga-ttin?, 1837, pu sqq.; Diiotjp. 117;\V.C. Kay.

ouvrages tragiques sur le Théo'Iecte; par exemple, es par l'abbé de MaroUes

ESCHYLE

buta heureusement, sur la scène française, par sa tragédie

à'Hypermncstre, La nullité dVine action qu'on aperçoit à peine au milieu des infinis et vulgaires développements où elle se perd, a été traite'e par Griram, bien gratuitement, de simplicité grecque. Grimm eût eu besoin luimême de mieux connaître ces modèles antiques, auxquels du reste, avec 'grande raison, il renvoie le jeune pcëte, pour qu'il apprenne d'eux le secret d'une expression plus vive, plus naturelle et plus vraie. L'auteur à'Ihjpermnesîre n'imitait à coup sûr que les modernes, quand il prêtait à son héroïne, l'une de ces jeunes filles qui, chez

Fauteur des Suppliantes^ chantent un hymne sans fin, de longs discours d'esprit fort. Sa pièce ne manque pas de ces vers heureux qu'il a rencontrés dans toutes ses productions; mais quelques jeux de scène, habilement rendus par mademoiselle Clairon, en firent surtout le succès. Le public fut frappé de terreur quand, au milieu des ténèbres où Lyncée pleurait ses frères massacrés, il vit arriver Hypermnestre le poignard à la main ; il s'attendrit quand Hypermnestre se jeta, éperdue, au-devant de Lyncée, pour protéger contre lui son père, dont elle l'avait sauvé; il

éclata en acclamations, lorsque au dénoûment Lyncée venant avec les Argiens, qui avaient brisé ses fers, punir

Danaiis, et Danaûs, pour Tarrêler, menaçant d'immoler sa fille, tout à coup, dans le trouble d'une situation si vive, Hypermnestre se trouva sauvée, sans qu'on pût trop savoir comment. Ces tableaux, ces coups de théâtre, dont le dernier est justement appelé par Grimm et par La Harpe un escamotage, charmaient la foule, qui, à la même époque, en applaudissait avec transport de tout semblables dans

les tragédies de De Belloy. Les spectateurs d'élite euxmêmes se montraient peuple à cet égard. « M. Lemierre a fait faire un pas à la tragédie, » disait d'Alemberl, après la première représentation d* Hypermnestre, Le plaisant

d'immortelles Danaîdes;en 1678, le Lijncée de Vahhé Abe'lle; en 1704, V Hypermnestre de Riupeiroux, reprise en 1726 (voyez sur ces ridicules ou médiocres oiivr-if?Gs Vflisioire du Théâtre français, par les frères Parfait, t. VU, 76; XII, 69; XIV, 3-23}.

LES SUPPLIANTES

qui demandait si c^était en avant ou en arrière, avait

une plus juste idée de Tart dramatique, qui recule véritablement quand aux révolutions du cœur se substitue

le mouvement matériel et fortuit de la scène. Ce faux

progrès avait été celui de la tragédie grecque au temps de Théodecte, que nous rendait Lemierre, peut-être sans le cavoir. Depuis, de grands talents lyriques, osant nous montrer, nous faire entendre, au lieu de la solitaire Hypermnestre de Lemitrre, le chœur entier des filles de Danaûs, qui, par une orgie sinistre, préludent tumultueusement

aux meurtres d'une aflreuse nuit, ces talents hardis, énergiques (j'entends les musiciens qui ont donné la vie à de

faibles paroles*), nous ont peut-être rendu quelque chose

d'une pièce où je suppose qu Eschyle s*était essayé de loin

au* grandiose terrible de ses Eumènides,

1. Salieri, Spontini, dans l'opéra des DanaïdeXy représenté pour la piemicre fois cq 1784, et repris, avec additions, eu 1817.

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