iEschin., ibid
6. C'est à ce sentiment sans doute que, chez les Romains, obéissait
LES PERSES
oubliaient trop aussi* : il devait bientôt faire place aux ambitieuses prétentions des particuliers et à cette jalousie de la foule, empressée de s approprier tous les succès, qui disputait aux artistes eux-mêmes, pour en faire l'œuvre de tous, ce quil y a de plus individuel, les productions de leur art. Quelques années encore, et le peuple
d'Athènes défendra à Phidias, par un décret, de signer
la Minerve du Parlhénon, dont il veut seul avoir l'honneur; tandis que Phidias, par une ruse qu'il payera de Texil OU de la prison, on ne sait, éludera la défense en introduisant furtivement, dans les bas-reliefs du bouclier de la déesse, sa figure et celle de Périclés. Eschyle, frère de deux héros, héros lui-même, n'a pas imaginé de se montrer avec eux* dans les Perses; il n'y a montré aucun des libérateurs de la Grèce; on n'y voit qu'un peuple héroïque,
défendant, sauvant sa liberté !
Au risque d'affaiblir en quelque chose l'éloge que je viens de faire d'Eschyle, j'avouerai qu'il devait à un de ses prédécesseurs et de ses maîtres, au Rotrou de cet autre Corneille, au vieux Phrynichus enfin, la première idée de sa pièce. C'est sous l'archonte Ménon, la première année de la LXXVii*" olympiade, en 472, qu'Eschyle donna,
Caton, lorsque, dans son livre ées Origines, il racontait les guerres sans nommer les généraux. « .... Horum bellorum duces non nomina-
vit sed sine nomimbus res notavir.... » Corn. Nep., Cal, III.
« .!..Cato, quum imp^-ratoium nomina Annalibus detraxerit, eum (elephantem), qui foriissime praeliaius esset in punica acie, Surum
tradidit vocatum. » Plin., Nat. hist., VIII, 5. .