‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 97 sur 893 · SI · texte numérisé non relu

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ESCIIVLE.

pour ainsi dire comme des gens qui vivent dans un autre siècle que le notre. C'était à peu près de cette manière que les Persans étaient ancienDement considérés des Athéniens Aussi le poète Eschyle ne fit point de difficulté d'introduire, dans une tragédie, )a mère de Xerxès, qui était peut-être encore Vivante, e

tre d Athènes, la désolation de la cour de Perse après la déroute de ce prince. . Voilà tout lartifice de la nièce d Eschyle, corrime l'expose un digne interprète de ce beau

génie. C est plus tard, déjà loin des événements, qu'abordant plus directement le sujet, Moschion et Philiscus purent produire, le premier sur la scène d'Athènes le second sur celle d'Alexandrie, Thémisloch lui-même et décorer de son nom le litre de leurs tragédies « '

r/u "'i'^r'° "^^ '°°°''^'" ^^' '^'"'■«"^ effets qui devaient résu ter de la conception d'Eschyle? Quel tour ingénieux

et dehcat le poète donnait à l'éloge de son pays- ilL fai! sait sortir, comme un aveu, de la bouche même des enns-

temns'où fleurisse etie^comédieTtfrf !nt ZI'T '""°f„^r' ^" Cf. Fr. G. Wavner, Poet. «rars-'l froom éd TZm •' P'.??' ^f

Témistocle ; peut-être an^i In !n .a r ^ '^ ^ "" °/^^^® ' ^^^ restes de

Cnide la flottf des LacédéS^ 2n"rJÎ' «n détruisant près de

thènes rasées par Lvsand?e rlnn'pit «1 , • ^"'^''^ }^^ murailles d'A-

l'opmion de Meineke (Fragm^Tmfgrlï '{^^^^^

Suidas, une comédie dirigée à crmf'M^ni c^mM ^^'.*^ ^ voir, avec

gédie de Moschicn, soit Sre L 2art \S.?h/r^

avec Meinekp, F. G. Wa^^ner ?Lvrr/ .iil ^.".1^® ^^"°"' I>accord

tocle au poète de la moîenL confédlp i^;^^ *^^^ '^'''' ^" '^^^'^''-

tragiqueV.exandrin du îilCe nom k ^0^^^ .p'^T" • ^^ '^°""^'' ^"

permettrai d'en ajouter une c'es^ôuMI p n!f ^^//«"Jectures je rne

lequel Chérilus de s/mos avait L^n P" -"^^'® *^" ^^^^ès avec

Xerxès, dans sa Pers^tS iiS^^ P*'"'"" """ ^* '^é^^»^« de

torique; pour provoTuef^M^^^^^^^^^^ SaTln n ''PT'^, ''^■

au genre depuis longtemps néglioéTeia irtllip h ^"''^"'^'^ '^

su et dont, avant la poésfe épiqueVce ienre !'^^^^^ ''^"

celui des Phéniciennes et des Persèt ^ surtout inspire,

LES PERSES

mis d'Athènes et de la Grèce; les terreurs et le désespoir qu'exprimaient les vaincus, ces cris funèbres et lamentables qu'ils poussaient dans leur détresse, formaient, pour l'oreille des vainqueurs, le plus agréable concert. Il n'y avait pas jusqu'au tableau imposant de cet empire

des Perses, si étendu, si riche, si redoutable; jusqu'aux

témoignages rendus, avec une noble impartialité, à la

sa^^esse de Darius, au courage de Xerxès, aux talents

de leurs capitaines, à la bravoure de leurs soldats, qui

ne relevassent encore la gloire du peuple héroïque par qui avaient été humiliées tant de grandeur et de puissance. Enfin, au tableau de cette cour barbare, gouvernée par les caprices d'un despote, et que ses entreprises insensées avaient plongée dans le deuil, les Grecs devaient sentir tout le prix des institutions, plus dignes de

la nature humaine, qui les avaient sauvés de Tesclavage,

qui avaient rendu leur petit nombre terrible et indomptable. Non, je ne pense pas que le légit me orgueil d'une nation qui se sent le droit d'être fière d'elle-même, ait

jamais été flatté avec plus d'art et de noblesse, que dans l'œuvre admirable dont nous cherchons k nous former

une idée. Celte œuvre honore à la fois et le poëte qui savait si dignement apprêter la louange, et le peuple qu'il fallait louer ainsi. Les Grecs eussent repoussé avec dédain cet encens grossier que de vulgaires talents ont quelquefois

oiïert à la vanité des peuples modernes, et dont l'insipide

parfum doit lasser jusqu'à la vanité elle-même.

Chose remarquable et caractéristique! Dans celte pièce d'Eschyle, qui contient tant de noms de rois et de généraux barbares, ou vrais, ou altérés, ou supposés, pas un seul Grec, pas un seul Athénien n'est nommé. L'histoire * s'est souvenue de Sicinnus, envoyé secrètement par Thémistocle à Xerxès pour lui donner le faux avis qui amena l'engagement de Salamine; la tragédie le désigne ainsi :

« Un Grec, de l'armée des Athéniens vint trouver Xerxès, et lui dit*.... »

1. Herodot., VIII, 75. — 2. V. 359 sq. Il est naturel, a pensé Buri-

ESCHYLE

if

La pièce d Eschyle est bien de ce temps regretté, avec peu de sincérité peut-être, par Démosthène et par Eschme, où la démocratie athénienne ne reconnaissait qu'une gloire collective; où Ton disait: « Le peuple d Athènes a gagné la bataille de Marathon ; le peuple d Athènes a remporté la victoire de Salamine * ; » où Miltiade n'obtenait d*autra prix que d'être peint en tête des généraux athéniens et haranguant les troupes, dans le tableau du Pœcile qui représentait la bataille de Marathon, sans que son nom y fût inscrit =*; où les noms des chefs qui avaient défait les Perses près du Strymon ne se lisaient pas davantage dans les inscriptions de leurs statues, inscriptions qui, toutes générales, ne célébraient que le peuple*; où c'était le peuple lui-même qu'on honorait, sans distinction de per.>onnes, par des oraisons funèbres *; où, selon l'expression de l'orateur», les mominuments des grands hommes étaient dans la mémoire reconnaissante de la patrie. Le sentiment d'abnégation patriotique qui, dans ces belles années de l'histoire d'Athènes, portait les plus illustres citoyens à rester confondus avec

TEtat lui-même, à ne vivre que de sa vie, anime la tragédie d'Eschyle. Il suffirait, à défaut d'autres témoignages, pour en marquer la date. Ce sentiment, vertu des républiques', ne pouvait pas durer longtemps; il avait déjà reçu quelque atteinte, quand Thémistocle blessait les Athéniens en leur rappelant trop ses services qu'ils

gny {Mém. de VAcad. des Inscript., t. XXIX, p. 58), que des noms grecs de lieux et de personnes ne se rencontrent pas dans les discours pre es par le poète a des Perses qui probablement les ignorent. Sans contester la juste- se de cette remarque, je crois qu'elle ne suffit pas à DousexplKiuer comment, dans l'ou rage d'Eschyle, la gloire d'Athène^ est restée SI complL'tement anonyme. ^^'-^i^ne.

, \x^%fT^ ' i? llepubl. ordinand.-2. ^schiu-, in Ctesiph., XCI, 4, 21. Cf. Corn. Ncp , «tZ/ vi; Hin., IHsl. nat., XXXV, 8; Pausan.

a' nn " ^1 ^schin., ibid XC, 4. Cf. I>lutarch., Vit. Cim., vn. ' mt u ^v" conclure du discours prêté à Périclés par Thucydide,

et mélanges hllerams, Essai sur l'oraison funèbre

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