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i6 COLLECTION CAMPANA.
Cependant Winckelmann écrivait son Histoire de l'art chez les anciens j étudiait les monuments originaux sans idées préconçues, et, joignant à une vaste érudition des connaissances sur les arts du dessin, posait les bases de la saine critique, sans s'arrêter aux systèmes de ses devanciers. Répudiant les explications pleines d'erreurs en vogue à cette époque, il restitua aux monuments antiques leur véritable signification. On avait cherché jusque-là dans l'histoire de la Grèce et de Rome des faits pour expliquer toutes les compositions, tous les sujets traités par les artistes anciens, sans tenir compte de la nature des monuments. Winckelmann comprit combien ces idées sur l'antiquité figurée étaient fausses et manquaient de base. Les faits historiques, les personnages qui ont joué un rôle dans l'histoire ne sont que rarement et exceptionnellement représentés dans les monuments. La plupart du temps, c'est aux traditions religieuses et mythologiques qu'il faut recourir pour interpréter les scènes traitées et constamment reproduites d'âge en âge par les sculpteurs et par les peintres. L'illustre archéologue allemand porta le flambeau de la critique dans ces difficiles questions ; ses Monuments inédits ^ témoignent de la pénétration de son jugement et des luttes qu'il eut à soutenir pour faire triompher un système qui ne tendait à rien moins qu'à renverser l'édifice laborieusement élevé par les érudits italiens. Il reconnut aussi à quel art appartenaient les vases peints, et, rejetant les prétentions patriotiques des antiquaires imbus de préjugés, il démontra que c'était aux Grecs que revenaient de droit la suprématie et la priorité en ce qui concerne les arts du dessin, et que l'hellénisme avait laissé une empreinte visible de son génie et de son caractère sur les produits de la céramographie. Il fit voir également que les sculptures de style archaïque, que l'on s'accordait à regarder comme des ouvrages incontestablement étrusques, appartenaient à l'art grec ancien, non qu'il niât l'habileté des Étrusques quant à la fonte et au travail des métaux, et particulièrement du bronze, fait qui est attesté par des témoignages antiques. Les bronzes étrusques avaient déjà une grande réputation et étaient recherchés en Grèce à l'époque de la guerre du Péloponnèse*.
Tout en restituant aux vases peints leur véritable origine, les gra-