‹ Études sur les vases peintsChapitre 14 sur 72 · Pherecrat., ap. Athen., xv, p. 700, C · texte numérisé non relu

Pherecrat., ap. Athen., xv, p. 700, C

vures publiées par Winckelmann ne valent guère mieux que celles qui avaient paru avant lui ^

V Histoire de V art de Winckelmann porte la date de 1763. Quelques années auparavant, Mazochi • avait reconnu des inscriptions grecques sur des vases découverts en Sicile et dans la Grande-Grèce, et la vue de ces inscriptions avait été pour ce savant une véritable révélation ; aussi n'hésita-t-il pas un instant pour affirmer que ces vases avaient été fabriqués évidemment par des Grecs, et non par les Étrusques.

Écrire Thistoire des travaux faits par les modernes sur les vases peints, discuter et examiner les opinions diverses émises sur les questions d'origine, de provenance, de fabrique, d'âge, de style, ce serait dépasser les bornes d'un article; l'examen détaillé de ces questions complexes et souvent embarrassantes exigerait un livre. Dans l'Introduction à l'étude des vases peints, placée en tête de VElite des monuments réramographiques^ Charles Lenormant avait entrepris de tracer cette histoire qu'il n'a fait qu'effleurer; ce travail n'a jamais été terminé. Ici nous ne pouvons guère entrer dans de grands détails ni dans des développements étendus sur ces questions; notre tâche doit se borner à présenter quelques vues générales qui donneront un aperçu de l'immense développement que les études archéologiques ont pris depuis le commencement du XIX' siècle.

Le chevalier W.Hamilton, ambassadeur d'Angleterre à Naplesde 17(54 à 1800, était un amateur ardent et passionné qui recherchait avec soin les monuments de l'art ancien. Il forma successivement deux grandes collections de vases peints. La première, qui aujourd'hui fait partie du Musée Biitannique, fut publiée en quatre volumes in-folio, en 1766, par Hugues d'Hancarville^ Ce livre, exécuté avec beaucoup de luxe, mais sans goût, contient des recherches étendues et même prolixes sur l'art des anciens; toutes les planches sont gravées d'une manière uniforme (on dirait que les dessins ont été calqués sur des patrons dus à une

•1. \o\t\q^ Monumenii inediti,^ome^ «767.

2. Commenlarii in lab. heracL, 4 vol. in-fol., Naples, 4754, p. 437 et 551.

3. AntiquUds étrusques, grecques et romaines, tirées du cabinet de M. Hamil-^ (0».— CeUe colleclion a été republiée à Rjris et gravée par David en 4785, 5 vol. in-4\

seule main). Ces planches sont coloriées presque toutes de même et avec des teintes qui ne rendent aucunement Taspect des vases antiques. Il semblerait, du reste, quon n'a cherché qu'à produire des gravures à effet sans prétendre à l'exactitude et à la fidélité.

Le recueil de la première collection de Hamilton établit comme une transition entre les informes gravures des Passeri, des Caylus, des Gori et des autres érudits qui les premiers se sonl occupés des vases peints, et les ouvrages parus peu de temps après, et où l'on passa d'une grande négligence à une exagération d'un tout autre genre.

Jusque-là, on avait semblé professer un profond dédain pour les potiers prétendus éinisques. L'éditeur des quatre volumes de la première collection de Hamilton, tout en parlant des arts du dessin chez les Grecs, rie la grande habileté des artistes grecs, de la beauté sans pareille de leurs ouvrages, tout en étalant un luxe de vignettes et de gravures rehaussées de couleurs, n'avait pas réussi à exciter l'admiration des artistes. Maintenant qu'il était à peu près généralement admis que les vases peints avaient été fabriqués par les Grecs, ou du moins sous l'influence directe de ce peuple; maintenant qu'on considérait les produits de la céramographie comme se rattachant à la source la plus pure de l'art, on s'exagéra le mérite de ces sortes de peintures, et on voulut à toute force y trouver des modèles parfaits sous le rapport du dessin. Avec ces préoccupations on vit partout des chefs-d'œuvre, et l'on ne chercha, d'après les idées qu'on s'était faites sur le beau, qu'à embellir les dessins destinés à reproduire les compositions tirées des vases. Les profils des têtes, les mains, les pieds furent dessinés avec une correction qu'on ne rencontre guère dans les peintures originales. A voir les premières gravures de vases, on était porté à prendre en pitié la maladresse et l'inhabileté des graveurs; tout y était également et uniformément laid et d'un aspect désagréable. Maintenant on tombait dans un autre écueil : à force de raffinements, l'artiste moderne ne montrait que sa manière de dessiner, sans avoir le moindre égard ni au style ni à l'âge des peintures. Tout devenait encore une fois uniforme ; les dessins étaient maniérés, d*un effet en général gracieux, ou du moins avec la prétention de produire cet en*et, mais on était loin du sentiment antique. Tischbein, l'éditeur de la seconde collection de Hamilton \ et son élève Clener, qui grava les

\ . La première édition en anglais, publiée à Naples, quatre volumes in-folio, porte la date de 4794 ; la seconde a été imprimée à Florence, en 4800; la troisième a été faite à Paris, en 4803. L'auteur du texte explicatif des trois premiers volumes est Italinski ; les explicaHons des planches du quatrième ont été données par Fontani. Un cinquième volume avait été préparé, mais n'a jamais vu le jour; les cuivres de ce cinquième

planches du grand recueil de Millin, publié par Dubois Maisonneuve\ poussèrent cette exagération à ses dernières limites. Le même reproche, quoique à un moindre degré, peut être adressé aux planches du recueil du comte Alexandre de Laborde, gravées par le même Clener *.

Un ouvrage court, mais substantiel, de Lanzi {De' Vasi arUichi dipinli volgarmente chiamati eiru$chi\ parut en 1806 et fit époque dans la suite de ces recherches, a Les érudits qui ont postérieurement traité la même question, dit Ch. Lenormant', n'ont ajouté que peu de choses aux déductions ingénieuses, aux raisonnements solides qui distinguent Topuscule de Lanzi. » Quoique Toscan lui-même, l'auteur sut se garantir des préjugés de ses compatriotes, et déclara que s'il y avait des vases véritablement étrusques, d'autres en bien plus grand nombre étaient certainement et indubitablement grecs.

Le système exclusivement étrusque était abandonné ; mais tout en cherchant des explications dans les mythes, dans les traditions religieuses, dans les faits héroïques chantés par les poètes, ainsi que dans les usages de la vie privée et familière des Grecs, on tomba dans une autre erreur. On crut que l'immense majorité des peintures qui décorent les vases se rapportait aux mystères, et moins on savait des mystères, moins les scènes figurées sur les vases se prêtaient à une explication facile, plus on s'attacha à cette idée, plus on donna un libre cours à des hypothèses sans fondement. Le Génie des mystères, personnage auquel on a donné plus tard le nom de Génie hermaphrodite, joue un grand rôle dans ces interprétations. Millin, et surtout Bœttiger ^, furent les premiers qui se lancèrent dans cette voie aventureuse et inventèrent tout un sys-

volunie se trouvent à la librairie Cotta, à Stuttgard. — La seconde collection de v^ises de Hamilton périt en partie dans un naufrage; ce qui en fut sauvé fut acquis par Thomas Hope, dont la collection a été vendue aux enchères à Londres en 4849. Voir Archàologische ZeUung, 4 849, Anzeiger, p. 97.

K . Peintures des vases antiques, vulgairement appelés étrusques, tirées de différentes collections, t vol. in-fol., Paris, 4808-4810. — On trouve aussi des reproductions de vases peints dans plusieurs autres ouvrages de Millin, tels que ses Monuments inédits, se^Tombeaux de Canosa, sonOrestéide, sa Galerie mythologique, eic.

2. Vases du comte de Lamberg, ï vol. in-fol., Paris, 4843-4824. — Une grande partie de cette collection se trouve depuis 4844 en Autriche, au Musée impérial et royal de Vienne.

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