Introdfœtion à V étude des vases peints, p. ix
4. Vasengemàlde , in-8*», Weimar und Magdebourg, 4797-4800.— Ideen zur Archàologie der Malerei, in-S*», Dresde, 4844. — Voir aussi Chrislie, Disquisitions upon Ihe painted Greek vases and their probable connection with the shows ofthe Eleusinian and other mysteries, in-4°, London, 4806 et 4825.
tëme, toute une doctrine qui n'est à vrai dire qu'un tissu de rêveries. Encore aujourd'hui où cet édifice s'est écroulé, où l'on a reconnu qu'il n'y a rien de moins prouvé que les rapports des vases peints avec les mystères, on a de la peine à se soustraire à certaines suppositions introduites dans la science, et on continue de désigner sous le nom de sujets mystiques une classe nombreuse de peintures qui font le désespoir des interprètes.
Je ne m'étendrai pas ici sur les autres systèmes qui ont été proposés pour expliquer les peintures des vases. On a prétendu que les vases avaient été offerts en don aux personnes dans les tombeaux desquelles on les a trouvés, et que les sujets qui y sont représentés étaient en relation avec les circonstances qui avaient donné lieu à ces présents et avec les personnes qui les avaient faits ou reçus. Mais ces explications n'ont rien de solide; ce sont de simples hypothèses, et rien de plus. Les sarcophages de marbre chez les Romains, ordinairement sculptés d*avance et vendus aux familles pour y mettre le corps d'un de leurs membres, ne sont, pas plus que les vases peints, décorés de sujets en relation directe avec les circonstances particulières de la vie, avec les mœurs et les habitudes du personnage qui y a reçu la sépulture.
Il fallut le goût, le tact exquis de James Millingen pour donner au public une connaissance exacte des vases peints, et faire apprécier comme il convient leur mérite, tant au point de vue archéologique qu'à celui de l'art. Les ouvrages publiés par le savant Anglais furent les premiers où, à côté d'explications sobres et consciencieuses, basées sur des textes anciens, on trouve des planches exécutées avec soin et où le sentiment de l'antique est respecté, où le caractère vrai et réel des compositions est fidèlement conservé *,
Ennio Quirino Visconti, l'illustre auteur du Mmée Pie-ClémerUin^ s'est aussi occupé des vases peints, et ce qu'il a écrit sur cette matière fait regretter qu'il n'ait pas traité les questions qui se rattachent à cette classe de monuments dans un ouvrage spécial. Visconti a seulement fait quelques articles détachés'.
4 . Peintures aniiquss et inédites de verses grecs, tarées de diverses collections, in-fol., Rome, 4813. — Peintures antiques de la collection de vases grecs de sir John Coghil, in-fol., Rome, 4847. — Ancient vnedited monuments principally of grecian art, in-4^ London, 48SS,
2. Voir le Museo Pio-Clementino et les Opère varie, recueil en 4 vol. in-8<^, publié à Milan en 1827 par les soins de Labus.
COLLECTlOiN CAMPANA. 21
Je passe sous silence plusieurs recueils de vases plus ou moins considérables publiés au commencement du xix* siècle, pour arriver à l'époque des mémorables découvertes qui eurent une si grande et si heureuse influence sur les recherches et les travaux de notre temps. L'étude des vases peints prit une direction toute nouvelle, entra dans des voies inconnues jusqu'alors par la découverte, en 1828, d'une vaste nécropole en Étrurie,près de Ponte délia Badia, Tanlique Voici ou Vulci. Les fouilles, entrepiises d'abord par Dorow, continuées sur une plus vaste échelle par Candelori, Fossati, associé avec Campanari, Feoli, et surtout par Lucien Bonaparte, prince de Canino, produisirent un nombre si considérable de vases peints d'une beauté merveilleuse et souvent couverts d'inscriptions, que cette découverte fit une véritable révolution dans les études archéologiques. J'ai déjà parlé du remarquable Rapport de M. Éd. Gerhard sur les vases de Vulci ^ L'ouvrage de l'illustre professeur allemand renferme des aperçus complets, exacts et précis; il rendit un service signalé à la science, car l'auteur y pose les bases des recherches qui devaient suivre. Ce fut un avantage inappréciable que les découvertes de Vulci aient été examinées dès le principe avec intelligence, et que les circonstances qui s'y rattachent aient pu être constatées d'une manière scientifique.
En présence d'un fait aussi extraordinaire que la découverte <le plusieurs milliers de vases peints dans une localité de peu d'importance, et qui à peine est mentionnée dans l'histoire*, on devait s'attendre à toutes sortes de systèmes, ti toutes sortes d'hypothèses. On était en pleine Étrurie, on y trouvait des vases réputés grecs, et cependant pas le moindre témoignage historique ne permettait de songer k l'existence d'une colonie grecque établie dans cette ville étrusque. Les uns croyaient à une fabrication locale, les autres étaient portés à admettre l'importation par le commerce extérieur. On pouvait s'attendre à un retour vers V étruscomanie du xviii* siècle; et,,en effet, ce retour eut lieu. Un homme important par son nom et par son rang se chargea de ranimer les fantômes depuis longtemps disparus de la fabuleuse antiquité attribuée à la civilisation
i. Kome, 4831, in-8».
t. Le triomphe du consul T. Conincanius sur les habitants de Vulci ( Vulcienlesi], m l'an 473 de Rome, est mentionné dans les Fastes du Capitule. Voir Gruter, Corp, iiscr.^ p. ccxcvi.— Gerhard, Bapp. Volcenle, not. 961.
étrusque, et de son antériorité à la civilisation grecque. Mus les rêveries du prince de CaninoS les idées personnelles d*Amati*, les fantaisies de Carlo Fea', qui voulait que les vases eussent tous été fabriqués en Étrurie et transportés ensuite par le commerce dans la Grande-Grèce et ailleurs, tous ces systèmes auxquels manquait le sentiment de la critique s'évanouirent presque au moment même où ils virent le jour. Pour tous les hommes sérieux, les nombreux vases déterrés à Vulci et dans les localités voisines restèrent incontestablement aux arts de la Grèce, directement exercés par les Hellènes, et si aujourd'hui il y a quelque chose à réformer dans le jugement porté par les archéologues éminents de l'époque, c'est par rapport à l'origine des vases peints. Les arts que le génie grec sut développer et porter à la plus haute perfection étaient venus de r Orient; la céramographie semble également avoir pris naissance dans les mêmes contrées ; mais à l'époque où eurent lieu les grandes découvertes de l'Étrurie on se doutait à peine de cette origine, car c'est seulement depuis quelques années qu'on a commencé à l'entrevoir, lorsque les monuments de l'Assyrie ont été apportés et connus en Europe.
Le mouvement intellectuel et scientifique provoqué par les découvertes de \ulci donna lieu à la publication d'un grand nombre d'ouvrages et à la fondation de plusieurs recueils périodiques. Je n'ai pas la prétention de donner ici une liste bibliographique complète de tous les ouvrages qui ont vu le jour depuis une trentaine d'années, de parler de tous les travaux faits sur cette matière, et de rappeler les contestations et les discussions auxquelles ont pris part les savants les plus en renom, Creuzer, M. Bœckh, K. Ott. Mûller, Thiersch, M. Welcker, M. Gerhard, Panofka, Bunsen, en Allemagne; Millingen, en Angleterre; Raoul Rochette, Charles Leriormant, M. le duc de Luynes, en France ; Brôndsted, en Danemark ; Micali, Carlo Fea, en Italie, etc., etc. J'ai été témoin de ces luttes; j'y ai pris part moi-même. Il en est résulté des faits d'une haute importance, et, grâce à ces discussions^ la science a fait d'immenses progrès. C'est
4 . Calalogo d% scelle anlichiià elnische Irovate negli scavi del principe di Canino/m-k'', Vilerbe, 4h29. — Afuséum étrusque de Lucien Bonaparte, prince de Canino, vases peints avec inscriptions, in-4°, Vitorbe, 4829.
2. Osservazioni sui vasi etruschi o italo-greci recentemente scoperti (Giornaie Arcadico di Roma, 4829 e 4830.) — Cf. Bulletin de V Institut archéologique, 4830, p. 482.
3. Sioria dei vasi filtili dipinli che da qualtro anni fa si trovano nello Stato ecclesiastico, in quella parte ch* è delV antica Etruria, colla relazione délia Colonia Lidia che H fece per piû secoli prima del dominio dei Romani,Korm, \S3t.
aujourd'hui que Ton peut apprécier les services que ces travaux ont rendus; les questions les plus difficiles s'éclaircissent de jour en jour, et s'il est permis de dire quelque chose de positif sur ces matières naguère encore si obscures, c'est grâce aux nombreux travaux de nos devanciers immédiats et de nos contemporains.
Quand il s'agit des fortes études archéologiques de ce siècle, il est juste de nommer en premier lieu l'Institut de correspondance archéologique fondé à Rome, en 1829, par quelques savants allemands, qui bientôt prirent place parmi les maîtres de la science. Les publications de l'Institut archéologique embrassent les monuments de tous les peuples de l'ancien monde, et particulièrement les monuments classiques des Grecs et des Romains. Fondé au moment même où les découvertes de Vulci tenaient en éveil les savants de tous les pays, il est tout naturel que les fondateurs aient accordé une attention particulière aux vases peints dont l'étude offrait tant d'attraits, tant de problèmes à résoudre. Aussi tous les vases les plus importants sortis des fouilles nouvelles furent-ils signalés ou reproduits successivement dans ce vaste répertoire de la science archéologique. Plusieurs vases de la collection Campana ont été publiés dans les Monuments inédits et ont été l'objet de dissertations insérées dans les Annales,
A côté de ces publications dues à l'activité des directeurs de l'Institut de correspondance archéologique et au concours de leurs collaborateurs, il faut placer les ouvrages de MM. Éd. Gerhard', Th. Panofka', le duc
deLuynes^ et Raoul Rochette\ et enfin le recueil entrepris par Cb.
Lenormant et par moi sous le titre d'Elite des monumenis céramogra-
1. Anlike Bildwerke, in-fol., StuUgarl und Tubingen, 4827-1839.— Auserlesene griectiische Va^enbilder, 4 vol. in-4°, Berlin, 1840-4858.— Griechische und Etruskische Trinkschalen des KônigL Muséums zu Berlin, in-fol., Berlin, 1840. — Elruskische und Kampanische Vasenbilder des KônigL Muséums, in-fol., Berlin, 4843. — Apulische Vasenbilder des KônigL Muséums, gr. in-fol., Berlin, 4845.— Trinkschalen und Ge fasse des KônigL Muséums und atiderer Sammlungen, t vol. in-fol., Berlin, 4848 und 4850. — Outre ces grands recueils, M. Gerhard a fondé, en 4843, la Gazette archéologique de Berlin^ Archàologische Zeilung, qui compte aujourd'hui vingt années d existence, et qui est certainement la plus belle et la plus savante publication périodique con^acrée à la science archéologique.
2. Musée Blacas, 4 livraisons in-fol., Paris, 4830 et 4833. — Antiques du Cabinet du comte de Pourlalês-Gorgier, in-fol., Paris, 4834.
3. Description de quelques vases peints, étrusques, italiotes, siciliens et grecs, in-fol., Paris, 4840.
4. Monuments inédits d'antiquité grecque, étrusque et romaine, in-fol., P.iris,
phiques^. D'autres ouvrages importants sont ceux de MicaliS d*Inghirami', de M. Roulez*, du baron de Stackelberg*, de M. Samuel Birch', et enfin de M. Jules Minervini^, le digne successeur de Fr. Avellino comme directeur du Bulletin archéologique de Naples^, Le Muséum Etruscum Gregorianum^ publié à Rome, en 1842, par ordre du gouvernement pontifical, en deux volumes in-folio dont un est consacré entièrement aux vases peints, est un recueil très-important; malheureusement, il n'offre que des gravures, sous une forme réduite, des magnifiques vases conservés au Vatican. Le texte, rédigé par M. Achille Gennarelli, avec l'aide du Père Marchi, n'est qu'un simple texte descriptif.
Maintenant que j'ai indiqué les grands recueils de vases, enrichis de nombreuses planches, ouvrages de luxe, et par conséquent d'un prix élevé et d'un accès difficile, il me reste à dire un mot des catalogues raisonnés de plusieurs musées publics et de quelques collections particulières. Ces catalogues ont été très-utiles pour faire connaître aux savants les richesses conservées dans les collections des grandes capitales de l'Europe, et faire apprécier l'importance et le mérite des vases qui n'ont pas été reproduits par la gravure. Souvent à ces catalogues on a joint des planches dans lesquelles on a donné les formes des vases et des facstimile des inscriptions ti*acées dans le champ des peintures ou sous les pieds des vases, et ce secours est inappréciable au point de vue de la paléographie.
\. Quatre volumes in-4^ Paris, 4844-1861.
2. Les quatre Allas de Micali {Monumenli inediti), publiés à Florence en 4840, 1824, 4833 et 4844.
3. Monumenli etruschi o di elrusco nome, 40 vol. in-4'*, Fiesole, 4821 et années suivantes. — Etrusco musée Chiusino, 2 vol. in-4°, Fiesole, 4833. — Vmî filUU, 4 vol. i!i-4«, Fiesole, 4835.
4. Choix de vases peints du Musée d'antiquités de Leyde, in-fol., Gand, 4854. 3. Die Gràber der Hellenen, in-fol., Berlin, 4837.