‹ Études sur les vases peintsChapitre 34 sur 72 · Gerhard, Vasenbilder, pi. CCXXIÏI · texte numérisé non relu

Gerhard, Vasenbilder, pi. CCXXIÏI

des vieillards. Les boucliers ont des bords blancs ou rouges; il en est de même pour les épîsèmes où pourtant le blanc est employé de préférence. On volt quelquefois des boucliers entièrement noirs à côté de boucliers blancs. Dans les vêtements le blanc et le rouge violacé indiquent des étoffes brodées ou teintes de diverses couleurs. Les bandelettes, les baudriers, les armes, les aigrettes des casques, les bords des vêtements, les sièges, les chars, les harnais des chevaux et quantité d'autres détails sont rehaussés par le blanc ou le rouge violacé. Les cheveux et la barbe des hommes ainsi que la crinière des chevaux ont reçu quelquefois une teinte rouge.

Il semble que l'emploi de ces couleurs appliquées d'une manière toute conventionnelle était soumis aux lois qui régissaient la sculpture polychrome et chryséléphantine.

Du reste, la coloration en blanc des chairs était un moyen sûr pour distinguer les femmes des hommes, car l'art, du moins chez les céramographes, n'était pas encore arrivé à caractériser d'une manière précise l'individualité et le sexe. Ainsi les amazones armées à la grecque et les éphèbes n'auraient guère pu être reconnus, si l'on n'avait adopté un procédé particulier pour distinguer les deux sexes. Il arrive même, dans les vases à peintures rouges d'un art avancé, qu'on a de la peine à reconnaître les éphèbes quand ils portent des vêtements qui les couvrent complètement: car alors il n'existe guère de marque distinctive entre les femmes et les éphèbes, à moins que leur coiffure ne les fasse reconnaître.

Les yeux des hommes sont ordinairement indiqués d'une autre façon que les yeux des femmes. Ceux des hommes sont gravés au trait en forme d'étoile, tandis que les yeux des femmes sont allongés et taillés en amande avec le fond blanc et la pupille noire et souvent rouge. Les contours dans les corps des hommes sont plus anguleux, plus prononcés que dans les corps des femmes, où l'on trouve des formes plus arrondies. Aussi Pline*, en parlant de l'origine de la peinture, dit que l'Athénien Eumarus réussit le premier à distinguer les deux sexes : Qui primus in pictura marem feminamque discreverit Eumarum Atheniensem figuras omnes imitari ausum.

Toutes les têtes, dans ces peintures anciennes, sont dessinées de profil et manquent de caractère et de vie ; ce n'est que par exception qu'on rencontre des têtes de face ; en général l'effet en est médiocre ; on y reconnaît une grande maladresse et une inhabileté prononcée. On exagère la forme des épaules, des hanches, des cuisses, des mollets. Souvent

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