‹ Études sur les vases peintsChapitre 41 sur 72 · Samuel Birch, History of ancient poHery, vol. I, p · texte numérisé non relu

Samuel Birch, History of ancient poHery, vol. I, p

4. Suprà, p. 40. — Ce vase a été publié dans les Monuments inédits de l'Institut archéologique, t. IV, pi. LIV-LVU. — Arch. Zeitung, 4850, pi. XXIII et XXIV.

donner une idée des monuments anciens dont on trouve la description dans Pausanias, le coffre de Gypsélus' et le trône de l'Apollon Amycléen. Les longues rangées d'animaux qui paraissent dans les vases du sixième et du septième siècle avant l'ère chrétienne n'occupent ici qu'une seule zone, la troisième de la panse.

Le sujet principal qui se développe autour du vase est le cortège solennel des divinités qui se rendent aux noces de Thétis. La fille de Nérée (OeTiç) est assise dans l'intérieur d'un édifice d'ordre dorique, devant lequel est placé un autel (Po...) surmonté d'un canthare. Pelée (lle^euç) , debout en dehors de l'édifice, s'avance au-devant de Ghiron (Xipov), accompagné d'Iris (ipw). Suivent Hestia (Hecma), Gérés (Ae....), Ghariclo (X^pHcXo) et Bacchus (aiovuctoç) , qui porte sur ses épaules une grande amphore. Ensuite viennent sept quadriges, dans chacun desquels se trouvent deux divinités, Jupiter et Junon (Zeuç, Hepa), Neptune etAmphitrite (...ei^ov, AvçiTpiTE {sic))^ Mars et Vénus (Apec, Açpo^iTe), Mercure etMaïa (Hepp;, Maia) . Ici manquent des figures, plusieurs morceaux n'ayant pu être retrouvés dans la fouille, comme je l'ai déjà dit plus haut. Ainsi on n'a pas tous les noms des divinités arrivant dans des chars. Les Heures (Hopai), les Muses (Ka^iàïrc, Opavia, Me>ico[uve, KXeo, Eurepire, ea^eia, îTSffixope, Epa..., IIoXupi^), et les Parques (Mo...pa..), accompagnent à pied les grandes divinités montées dans les quadriges. Ensuite paraît l'Océan (..xeavoç), sous la forme d'un monstre marin, et Vulcain (HeçaKTToç) , qui s'avance monté sur un mulet. Ges deux dieux ferment la marche de cette longue procession.

Au-dessous de cette première zone sont deux sujets. Dans le premier on voit Achille, suivi de Minerve (AÛeva...), Mercure (H8p|u...), et Thétis (e«Tiç), se lançant à la poursuite de Troïlus (TpoAoç) et de Polyxène (...<yev..). Près d'une fontaine (xpeve) se tiennent Apollon (AttoXov) et Rhodia (PoSia) . Priam (ripiajxo;) et Anténor (AvTevop) regardent avec terreur la scène, tandis qu'Hector (HsxTop) et Politès (ïlo^ireç) sortent des murs de Troie et accourent pour s'opposer à l'entreprise d'Achille. L'inscription Tpoov est tracée au-dessus d'un éphèbe qui va puiser de l'eau à la fontaine ; les mots Oocxoç et Huîpia sont écrits près du siège de Priam et près de l'hydrie que Polyxène a laissé échapper de ses mains.

Le second sujet représente Vulcain (HeçawTo;) sur le mulet, ramené à l'Olympe par Bacchus (Aiovicroç) , les Silènes (SiXevoi) et les Nymphes (Nufai) . Vénus (Haf po^iTs) , debout devant les trônes sur lesquels sont assis Jupiter (Zeu^) et Junon (Hepa) , reçoit le cortège, tandis que Mmerve (AO...ia) , Diane (ApTsctiç), Apollon et Mercura (la partie supérieure du

corps de ces dieux, ainsi que leurs noms, ont disparu], cherchent à consoler Mars (Apec), humilié et confus.

La troisième zone , je Tai déjà dit, est composée d'animaux ; ce sont des combats de lions contre des taureaux et des sangliers , des luttes de panthères avec des cerfs et des taureaux. Au centre , de chaque côté du vase, est une grande palme tte avec nœuds et entrelacs, dans le goût oriental, et gardée d'une part par deux sphinx accroupis, et de l'autre par deux griffons.

Sur le col du vase on a représenté les courses de chars aux funérailles de Patrocle. Les noms écrits près des personnages sont: A...iXe<iç, ûXureuç, AuTO[xe^ov, Aio|i.e$e(, Aaixadiicoç, Hiir. .ov. Des trépieds et un deinos sont les prix destinés aux vainqueurs.

Au revers, on voit le combat des Centaures et des Lapithes aux noces de Pirithoûs et de Laodamie. Les noms inscrits auprès des Lapithes sont les suivants: ..eaeuç, \vTi[i.apç, Kaiveuç, HottXov, ...apu... Les Centaures portent les noms d'H'Aaio;, Aypt(K, HaaSoXoç^nsTpaioç, llupoç, M6Xav..iTeç, OpoSioç.

La seconde zone du col montre, d'un côté, la chasse de Calydon. Les noms des héros qui prennent part à la célèbre chasse sont les suivants : ApTHiXex, ApiCTavÂpoÇy 0opa^ç, AvravÂpoç, £uTU[xa^o;y MeXotviov, AroXaTC, neXeuç, MeXeaypoç, QoXu^euxeç, XaiTOp, Avraio;, AxaaTOÇ, A<r[JLevoç, Kifiepioç, AvTi(Jt.a;^oç, 2i{jlov, To)^<ra(j(.i;, Ktvopreç, IlauaiXeov. Les chiens sont nommés Mapf..ç, Op(i(.evoçy MeOeTTOv, Aaêpo;, Popayç, EaepTeç, EHo^o^. De chaque côté du sujet est peint un sphinx accroupi entre des palmettes.

Au revers de la chasse de Calydon , on voit Thésée (ôe^euç) et Ariadne (Apiave) , entourés d'une troupe de jeunes gens et de jeunes filles qui se tiennent par la main comme pour se livrer au plaisir de la danse. La nourrice (Tpofoç) est debout entre Thésée et Ariadne. Les noms des jeunes gens et des jeunes filles sont: ...mHoia ...poxpiTOç, A'jai^txe, Hepaiiro..., Aorepia, AvTioj^oç, AafjLaawTpaTC, Heuaip^aiCTpaTO. • • , Kopoviç, Eucôeveç, MeveaOo, Aaijo/oç, Hiirojafxeia , <t»ai^i[jt.oç. A côté de cette troupe d'Athéniens et d'Athéniennes délivrés par Thésée, on aperçoit un vaisseau et un homme qui nage dans la mer. C'est peut-être Egée. Malheureusement il manque ici plusieurs morceaux, et on ne saisit pas bien l'idée de l'artiste.

Sur le pied du vase il y a une seule zone dans laquelle on a figuré le combat des Pygmées contre les grues ; les uns combattent à pied , les autres sont montée sur des boucs.

Sur chaque anse on a répété le groupe d'Ajax (Aiaç) portant sur ses épaules le corps d'Achille (AyiXeuç), une déesse ailée tenant, l'une un lion dans chaque main, et l'autre un cerf et une panthère, et un person-

nage barbu et ailé, vu de face, d'un aspect horrible et oflrant de la ressemblance avec les Gorgones : c'est la personnification de la terreur et de la crainte qui, en grec, portent des noms masculins, ^'&i; et &»(iô(.

Les artistes qui ont travaillé à ce merveilleux vase , le plus riche par ses dessins qui soit connu, y ont mis leurs signatures : Ep^oriftoç fLi-muitt*, Ergotimos m'a fait*, K'XxTveiç^'tyfii^tin, Clitias m'a peint.

On peut ranger immédiatement après le vase François et ceux de la même époque les vases à peintures noires où les sujets mythologiques.

encadrés dans des zones d'animaux, affectent encore des formes trèsarchaïques. Je citerai comme exemples deux représentations de la naissance de Minerve sur deux amphores de la collection Campana, publiées par mon savant ami M. Roulez*. Les zones d'animaux continuent pendant bien longtemps à servir d'encadrement aux sujets mythologiques, et ce n'est que plus tard qu'elles finissent par disparaître complètement.

Les vases avec animaux peints en noir d'un éclat brillant, sur un fond rouge et avec des teintes blanches et rouges violacées dans certains

I. M. Gerhard [Vtuenbilder, pi. œXXXVIII) a publié une coupe d'anrii-n alylp portant la signature d' Ergotimos; cette coupe a été trouvée h Égine. 3- Mtm. inéd. de l'Inst. arch., l. VI, pi. LVL

détails , sont des imitations des anciens vasea de style oriental , et le goût de ces imitations a duré chez les Grecs pendant le cinquième et le quatrième siècle avant l'ère vulgaire. On y voit quelquefois des figures humaines, comme sur un vase de la précieuse coUection de M. le duc de Blacas, où est représenté Mercure entre deux sphinx.

Les amphores à peintures noires, avec des palmettes sur le col, et qui , en majeure partie , viennent des Touilles de la Toscane , peuvent être considérées comme des vases fabriqués en Étrurie par des artistes grecs.

Comme exemples de la peinture d'ancien style à figures noires, je mets sous les yeux des lecteurs trois vases du musée Napoléon III. Le premier est une amphore à anses plates et portant la signature de Nicosthènes (NimoOmïç eirouoev) . On y voit deux zones de sujets, et sur le col est tracée une large palmette. Dans la zone supérieure on aperçoit un quadrige et plusieurs personnages qui l'accompagnent. La seconde zone montre un sphinx et un homme armé d'une massue, peut-être OTdipe; des hommes drapés sont placés de chaque côté du groupe central.

Le second vase est une élégante amphore, également à anses plates.

et d'une fabrique qui paraît plus soignée et d'un style plus délicat que les œuvres de Nicosthènes. On y voit un roi assis sur un ocladias et tenant un

scepti-e ; quatre h(Hnme9 barbus sembleDt lui parler. Au revers est représenté un éphëbe, vainqueur i la course à cheval. Les anses sont enrichies de chaque côté de deux serpents en relief; auprès court un lézard, el sur la partie plate de l'anse est peinte une tête de Gorgone hideuse, avec la langue pendant hors de la bouche.

Le troisième vase porte la signature de Timagoras (TtfucYopoc tiraieoïv) . C'est une hydrie à trois anses. On y voit la lutte, si souvent reproduite

par lescéramographes, d'Hercule avec Triton ou Nérée. A droite se lil une seconde inscription en partie effacée; je crois y lire la phrase suivante : [A]vJo)^ii(ç xa[>]oî Xoxti Tt[/,a[y]opai, c'est-à-dire, Andoride parait beau à Timagoras.

Dans la petite frise qui règne au-dessus du grand tableau, on voit un hoplite qui prend congé de son père et de sa famille pour aller à la guerre.

Il existe une classe de vases à peintures noires, d'un style affecta et

où tous les personnages sont d'une forme grêle et allongée. On ne sait trop quels sujets l'artiste a voulu représenter; on y voit rarement des .inscriptions et il semble que l'on n'a eu en vue que de retracer, la plupart du temps , des scènes de la vie privée ; cependant on est tenté de chercher un sens mythologique à ces compositions, qui sont soignées jusque dans les moindres détails ^ On doit considérer ces sortes de vases comme des imitations du style ancien.

Quelques vases à peintures noires montrent les lettres longues H et n, admises chez les Athéniens, postérieurement à l'archontat d'Euclide (Olympiade xciv, 2, av. J.-C. 403), et qui, longtemps avant, avaient été introduites dans l'alphabet grec par le poète Simonide. Je citerai une amphore de la collection Magnoncour, où l'on voit l'Aurore (Hwç) et Thétis (eenç) assistant au combat de leurs fils (Aj^i^euç) etMemnon (Mepcov) •, et une autre amphore du musée Napoléon III, où,dansunegigantomachie, parmi plusieurs noms plus ou moins lisibles, on lit Z>ïu;, Txnpêioç, ABiQvae, Hep[X£Y]e (?) •.

Il y a aussi des vases ayant des peintures noires sur fond blanc semblable à l'émail blanc des lécythus athéniens. En général, ces vases sont d'une époque relativement récente. Ordinairement ils sont de petite dimension : des lécythus, des tasses, des œnochoés, des coupes. Il y en a d'un style très-délicat et soigné; d'autres, au contraire, sont d'un dessin négligé. Je ne parle pas ici de quelques œnochoés, entre autres de celles qui portent la signature de Nicosthënes, et dont il y en a deux au musée Napoléon III. Ces sortes de vases sont des exceptions , et il ne faudrait pas les confondre avec ceux qui forment une classe entière.

Les vases de travail étrusque, à peintures noires, sont des imitations grossières des vases grecs. La terre en est lourde, la cuisson a manqué , les couleurs sont appliquées sans soin , le dessin des figures trahit la maladresse, surtout quand Tartiste étrusque a voulu représenter des sujets nationaux , pour lesquels il manquait de modèles. Les costumes

4. Voir Micali, Atlas de 4833, pi. LXXYII et LVIII. — Un des vases les plus jolis et les plus fins de ce genre est la petite amphore encore inédite de la collection Durand {CaL, n? 262), où Charles Lenormant a cru reconnaître le vol du chien de Crète par Pandarée. — Sur une autre amphore {Cat. Beugnoi, n** 50], aujourd'hui dans la collection de M. Paravey, à Paris, j'ai cru distinguer le nom d'Achille, AxtUtuç. — Mon savant ami M. Adrien de Longpérier a déchiffré, sur une amphore du musée Napoléon III d'un style semblable, l'inscription x^^pc ^«i ^ic» *v.

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