Grerhard, Vasenbilder, pi. CCV. — Cat, Magnoncour, n
3. Les vases portant des noms d'archontes athéniens ont aussi dans l'orthographe des inscriptions l'H et l'n. Voir suprà, p. 6.
sont étrusques, et souvent les personnages ont des ailes. Cependant il y a des vases véritablement étrusques, d'un travail plus soigné; ce sont des amphores enrichies de peintures de diverses couleurs, imitant les vases grecs d'ancien style, à zones d* animaux qui encadrent des compo-* sitions mythologiques. Une des plus anciennes représentations de ce genre est le vase étrusque de la collection de M. le duc de Luynes, sur lequel on voit Apollon qui lance ses flèches contre un homme et une femme '. D'autres vases de cette espèce montrent des réunions de divinités et de héros avec des génies ailés, sans qu'il soit possible de rattacher ces sujets à quelque mythe connu. Le plus souvent on ne sau-
rait saisir l'intention qui a présidé à ces groupes; on dirait que les artistes étrusques choisissaient des figures dans plusieurs compositions grecques et y ajoutaient des emprunts faits à leurs conceptions religieuses, comme par exemple des génies et des animaux monstrueux et singuliers. Jusqu'à ce jour, on n'a jamais découvert d'inscriptions sur ces poteries qui presque toutes viennent de la nécropole de Vulci.
Le style ancien a continué pendant longtemps à être recherché, et ce style a été imité et reproduit à une époque où l'art grec brillait de tout son éclat. On ne saurait avoir le moindre doute à cet égard. Ce style , d'ailleurs , semblait plus propre à rendre et à exprimer d'une manière convenable les sujets religieux. Les vases à noms d'archontes trouvés à Bengazi, l'ancienne Bérénice, sont une preuve de ce respect pour le style archaïque, conservé jusqu'à l'époque d'Alexandre le Grand. On y a maintenu les peintures noires, mais le style, la forme du vase, l'orthographe des inscriptions, tout cela a subi des modifications dues à l'in* fluence et aux usages de Tépoque. Ces vases panathénaïques sont comme les derniers vestiges, les derniers reflets de la peinture à figures noires. Dans r étude des vases à peintures rouges et jaunes, on verra la transition qui s'est opérée graduellement dans ces deux manières en usage chez les céramographes grecs.
Nous avons vu que l'on a continué de fabiîquer des vases à figures noires sur fond rouge ou jaune jusqu'au temps d'Alexandre, et même après la mort du conquérant macédonien. Ce sont là les demies vestiges, les derniers reflets de ce style ancien, si répandu, si florissant au cin*
I. Mon, inéd, de V!nsi, arch., t. H, pi. xviii. — Duc de Luynes, Description de qtielqnes vases peints étrusques, itaiiotes, siciliens et grecs, pi. vi et vu.
quiëme et dans la première moitié du quatrième siècle avant l'ère vulgaire. On y reconnaît une main exercée, mais peu habituée à ce genre de peintures, de sorte que l'aspect de ces amphores panathénaîques, au lieu d'offrir un caractère grave et sévère, ne donne l'idée que d'une imitation manquée.
La classe des vases à figures rouges sur fond noir est infiniment plus considérable que celle des vases à figures noires sur fond clair. J'ai déjà indiqué, plus haut', la manière dont l'artiste procédait pour décorer ces sortes de vases. On traçait légèrement et au moyen d'un instrument à pointe émoussée les contours des figures, les muscles, les draperies, de manière que, lors de l'application de la couverte noire qui forme le fond ou le champ, les figures se trouvassent ménagées : c'était là l'esquisse. Toutes les lignes intérieures, les traits du visage, les plis des vêtements, les ondulations des draperies, sont tracées au pinceau et paraissent avoir été tirées au cestre, tant elles sont appliquées avec fermeté et adresse. La couleur noire qui fait les fonds a servi également aux lignes du dessin; ce procédé remplace les contours et les détails gravés au trait, à l'aide d'un instrument aigu, moyen dont se servaient les céramographes, qui peignaient les figures noires sur fond clair. Le rouge violacé est la seule couleur qui serve à rehausser la teinte plate de ce genre de peintures ; cette couleur est employée pour les bandelettes, les couronnes, les bracelets et d'autres détails délicats, ainsi que pour les inscriptions tracées auprès des figures. Quand on avait à sa disposition un champ de la couleur naturelle de la terre, les inscriptions étaient écrites en noir, ce qui avait lieu pour les noms des artistes tracés autour du pied d'une amphore ou d'une coupe ou bien encore sous les anses. Les inscriptions gravées {grafflit) sont beaucoup plus rares. La signature du potier Hiéron est presque toujours gravée à la pointe, aussi bien que celle d'Andocides. On a aussi employé la couleur blanche pour les ornements, les détails et les inscriptions ; mais les vases où Ton s est servi du blanc, au lieu du rouge violacé, paraissent en général appartenir à un âge plus récent. Ce n'est qu'à l'époque de la décadence que le jaune clair, le rouge foncé, le brun et surtout le blanc, ont été employés avec profusion pour donner de la variété et de l'éclat aux vases peints.
Les vases à figures rouges appartenant au style sévère et archaïque ou à la plus belle époque de l'art produisent un effet plus agréable à l'œil que les vases à figures noires ; leur aspect a quelque chose de plus attrayant.