Géograph,, viii, p. 38Î
6» Jul. Cœsar, 84.
COLl.ECÏION CAMPANÂ. 5
core ce dernier passage peut-il être contesté, par rapport aux inductions qu'on a prétendu en tirer. 11 n*est pas certain, en effet, que Thistorien ait voulu parler de vases de terre plutôt que de vases de métal. Le poëte Alcée* parle de petites coupes ou écuelles de diverses couleurs (xu^ij^vai TcoixtXai) , et quelques archéologues ont cherché une allusion aux vases peints dans un passage de Démosthène* où il est question de cassettes destinées à renfermer des vases à parfums (aXaêaaTpoÛYixai) • Cette interprétation ne me semble pas pouvoir être acceptée.
Il ressort de ce qui précède que les auteurs anciens ne sont entrés dans aucun détail ni sur la fabrication des vases, ni sur les peintm'es qui les décorent, ni sur les divers usages auxquels ils pouvaient être destinés. Il aurait été si intéressant pour nous d'avoir quelques données sur ces questions, données contemporaines, fournies par des hommes qui avaient ces objets sous les yeux. Tout ce que nous savons, c'est que certains de ces vases étaient fabriqués pour être placés dans les tombeaux. Aristophane' dit expressément que les potiers athéniens décoraient de peintures les lécythus consacrés aux morts : ôç toi; vexpoî^t ^coypaçel riç ^TixuÔou;. Évidemment il s'agit ici de ces élégants petits lécythus de terre peinte, enduits d'une couverte blanche et sur laquelle se détachent des figures dessinées au trait en noir ou en brun qu'on trouve fréquemment dans les tombeaux de TAttique. Quelquefois les figures tracées sur les lécythus sont rehaussées de couleurs très-vives, et l'on connaît quelques grands vases de cette forme où la beauté des contours le dispute à la richesse des couleurs : tel est un magnifique vase trouvé à Salamine, aujourd'hui au Musée Britannique*. D'autres vases de terre, d'après le témoignage de Pindare*, corroboré par celui de son scholiaste, étaient destinés à être donnés comme prix dans les jeux publics. Ce sont ces amphores panathénaiqucs que l'on a trouvées, les unes à Athènes même, les autres dans la Cyrénaïque, d'autres encore, en bien plus grand nombre, en Italie. La plus ancienne de ces amphores est le fameux vase Burgon, conservé au Musée Britannique, et qui porte l'inscription TON ABENEÔN [sic) AGAON EIMI [Je suis le prix donné à Athènes)^ tracée de droite à gauche®. Les vases de la Cyrénaïque portent tous des noms d'archontes éponymes d'Athènes, Nicocrate (333 avant J.-C), Hégésias (324),
h. Fragm, 33, éd. Schneidewin.