Loc. cit
'k Raoul Rochcttp, Peintures antiques inédites, pi viii-xi.
S. Loc. cit.
6« Miilingen, Ancient wwdited monuments, pi. K II and IIL
Cépbisodore (323), Archippus (321), Théophraste (313) ^ Ces vases donnent par conséquent des dates bien déterminées.
Pendant plus de deux siècles, les \ases de terre peinte furent connus sous la dénomination inexacte de vases étrusques. Cette désignation est devenue vulgaire, et aujourd'hui encore on a beaucoup de peine à faire comprendre non-seulement aux gens du monde, mais même à des hommes qui ne sont pas restés étrangers aux études archéologiques, que cette appellation est erronée, qu'elle ne repose que sur une donnée sans la moindre valeur. Les premiers vases peints furent trouvés en Toscane, et de là le nom de vases étrusques qui leur est resté. Malgré la présence de sujets tous empruntés à la mythologie des Hellènes, malgré les inscriptions en langue grecque tracées dans le champ des peintures, on persistait à attribuer tous les vases peints sans exception à Tart des Étrusques. Winckelmann* fut le premier qui osa combattre ces assertions et restitua aux vases peints leur véritable patrie, leur véritable origine, sans cependant remonter à la source où les Grecs avaient cherché leurs inspirations artistiques.
Aujourd'hui, la science a reconnu d'une manière positivé que les plus anciens de ces vases ont été fabriqués par les peuples de l'Orient oironl été exécutés sous l'influence qu'exercèrent les arts de ces [leuples su? l'esprit des Grecs. Le nombre le plus considérable des vases enrichis de dessins et de peintures a été produit par l'art hellénique, soit que ces vases aient été faits dans la Grèce continentale, dans les îles, en Sicile, soit qu'ils sortissent des fabriques de la Grande-Grèce ou de l'Étrurie. Kt ce qui est à remarquer, c'est que les Romains, fidèles imitateurs des Grecs et si portés généralement à admirer l'art grec, n'ont jamais cherché à copier les vases peints, tandis que les Étrusques ont eu des fabriques de vases. Mais les véritables vases de travail étrusque sont les moins nombreux et les plus récents en date.
Partout où les Grecs ont porté leurs arts et leur civilisation, on découvre des vases peints. Ainsi, sur plusieurs points de l'Asie Mineure, nommément dans la Phénicie, sur le continent grec, dans les îles, en Cri-
4. Voyez Ch. Lenonnant, Revue archéologique, t, V, p. i30. ei t. VI. p. 57. — Samuel Birch, History of ancienl potlery, l. IL p. 174. î. Histoire de l'art, III, 3, 40 et suiv.
mée, en Afrique, en Sicile, en Italie depuis l'extrémité méridionale jusqu'à l'Adriatique, on a trouvé des vases peints, soit entiers, soit des fragmenta ; on a rencontré des traces de ces monuments dans les lumutus de la plaine de Troie, à Rome même, à Alexandrie d'figypte, et jusque dans le midi de la France.
Comme règle générale, on peut dire que les vases ont été fabriqués ' dans les pays mêmes où on les trouve habituellement! il faut toutefois
faire une large part à l'importation par le commerce. Plus on étudie ces questions, plus on s'aperçoit qu'il a dû e.\ister des relations commerciales fréquentes et suiviei entre les peuples de l'antiquité ; les villes du littoral, en Italie comme ailleurs, ont dû recevoir des ouvrages de l'art asiatique par les navigateurs phéniciens, et c'est de ces dépAts établis sur les rdies que ces produits ont été portés dans l'intérieur des terres. On a
découvert et on découvre encore dans les nécropoles de l'Éirurie des vases de style et de fabrique toute différente. Je me contenterai de citer comme exemples de transport par le commerce quelques vases portant des noms de fabricants. Le vase de la fabrique de Taléides, TÀLEIAE2 EnoiESEN, anciennement connu*, et faisant partie de la collection de M. Thomas Hope, à Londres, avait été trouvé en Sicile, et M. Henri Brunn, dans son excellent ouvrage sur les artistes de l'antiquité*, donne la description de deux autres vases portant le même nom de fabricant, mais tous les deux trouvés à Yulci. Le précieux vase de la collection de M. le duc de Blacas, portant le nom de Nicosthènes, NIKO^OENh^ EnolESEN", avait été trouvé à Agrigente', et la collection Gampana possède un nombre considérable de vases sur lesquels on lit la même signature, tous trouvés à Caere.
L'âge des vases peints peut être fixé d'après le caractère et le style des peintures. On a encore d'autres moyens pour apprécier Tâge de ces monuments, par exemple la comparaison avec le style des médailles dont l'époque d'émission est connue. On obtient ainsi de très-bons résultats. Les rapprochements de cette nature tentés par un des meilleurs appréciateurs des œuvres d'art de l'antiquité* ont jeté un jour tout nouveau sur ces questions. Plus tard, M. Dupré, au moyen de la numismatique de Naxos en Sicile, a encore ajouté de nouvelles preuves à ce genre de critique*. La ville de Naxos fut fondée l'an i de la onzième olympiade, 736 ans avant J.-C; elle fut détruite en 401 par Denys le tyran, et par conséquent elle eut environ 335 ans d'existence. On possède des mon-
1. Laiizi, Dei vasi aniichi dipinti volgarmente chiamaii etnischi. Naples, 180<, in-4", lav. IIL— Millin, Afonum, inédits, t. Il, pi. Il, III et IV, H Vases peints, t. II.
pi. L\I.