‹ Études sur les xiphosures et les crustacés podophthalmairesChapitre 25 sur 323 · Microphrys platysoma · texte numérisé non relu

Microphrys platysoma

Milnia platysoma , Stimpson, Notes on North American Crustacea ( op . cit. n° 2, p. 52).

Je ne connais cette espèce que par la description que M. Stimpson en a donnée. Elle se rapproche de la Pisaaculeata (Bell), mais présente avec celle-ci les différences suivantes : La carapace est déprimée, mais moins large et ornée de granulations éparses. Il n’y a que deux prolongements laminiformes sur les bords latéro-antérieurs. L’un occupe la région hépatiqu'e, l’autre la région branchiale, et ce dernier ne s’avance pas de manière à s’imbriquer sur l’autre. Entre ces prolongements il y a une épine. Il n y a que deux épines sur la région branchiale; elles sont petites et tuberculilormes.

1 Aroy. pi. XIV, fig. 2. — 1 Voy. pl. XIV, fig. k.

CRUSTACÉS PODOPHTHALM AIRES. 63

11 existe une série de granulations au-dessus du bord postérieur. Le rostre est plus aplati que chez la P.aculeala, les orbites sont plus tuberculeuses et la dent préorbitaire est plus aiguë. L’article basilaire des antennes externes est très-large et armé de deux dents ou épines près de l’angle postéro-externe. Les pattes sont courtes, déprimées et armées d’épines comme chez la P. aculeata. Le pénultième article présente un prolongement laminiforme large et arrondi pour l'articulation du doigt, qui est très-arqué et aîgu. Les pattes postérieures sont très-courtes.

Largeur de la carapace, 0,007.

Longueur, 0,0 10.

Habite le cap Saint-Lucas.

h. Microphrys aculeytus.

Pisa aculeata. Bell, Crustacea of llie coasts of South America ( Transact . of the Zoolog. Society, t. H, p. 5o,

pl- fX’ %• ?)•

Milnia aculeata, Slimpson, Notes on North American Crustacea, n° a , p. 5a, 1860.

Cette espèce provient des îles Gallapagos.

Genre TIARIMA (Dana).

Sous— genre LEPTOPtSA (Stimpson).

M. Dana a proposé de séparer des Péricères les espèces dont les cornes rostrales sont en contact l’une avec l’autre dans toute leur étendue, au lieu de diverger vers leur extrémité, dont la carapace est plus ou moins pyriforme et généralement couverte de gros tubercules presque confluents. La Pisa cornigera de Latreille ( Pericera cornigera de Milne Edwards) peut être considérée comme le type de ce genre, auquel Dana a donné le nom de Tiarinia. Toutes les espèces qui le composent viennent de l’Océan Indien ou des mers de Chine b W. Stimpson a décrit un Crustacé des Antilles très-voisin des Tiarinia, mais cependant bien distinct par la longueur considérable de la carapace, la nudité du bouclier céphalo-thoracique et la gracilité des pattes ambulatoires. Aussi le savant carcinologisle américain,

1 Cesont: i° ia Tiarinia cornigera de l’Iudeeldii Japon; ft la 1 . spinigera (Stimpson) des mers du Japon; h la

2" la T. setigera (Adams et White)et la T. tiarata (Adams T. gracilis (Dana) et la T. angusta (Dana) des îles Soloo.

et YVhife) des îles Philippines; 3° la T. depressa (Stimpson) et enfin 5° la T. verrucosa (Relier) de Nicobnr.

après avoir, dans son catalogue, inscrit cette espèce dans le genre Tiarinia, ajoute qu’il sera peut-être utile de la séparer sous le nom de Leptopisa. Je crois , en effet, quelle ne doit pas être confondue avec les Tiarinia, et j’adopte ici comme sous-générique la division que Stimpson indiquait.

Leptopisa setirostris.

Stimpson , Preliminary Report on the Crusiacea dredged in the Gidf Stream ( Muséum of comparative Zoology of Cambridge, t. Il , p. 1 14).

Les exemplaires d’après lesquels cette espèce a été décrite ont disparu lors de 1 incendie de Chicago. Stimpson lui assigne les caractères suivants :

La carapace est étroite, ses côtés sont perpendiculaires, sa plus grande largeur (située vers le quart postérieur de la longueur postfrontale) ne dépasse que d’un quart la largeur de l’espace interorbitaire. La surface supérieure est nue et ne porte que quelques petits tubercules, dont trois, plus grands que les autres, sont placés sur la ligne médiane de la moitié postérieure de la carapace. Le tubercule postérieur situé sur la région urocardiaque est spiniforme et courbé en dessus. Les côtés de la carapace portent quelques poils. Le rostre est de moitié aussi long que la partie postfrontale de la carapace; les cornes sont légèrement béantes près de leur base, mais contiguës dans le reste de leur longueur; elles sont très-grêles, styliformes et poilues. Les antennes externes ont la longueur du rostre; leur article basilaire est concave, dépourvu d’épine à son angle antéro-externe; la tigelle mobile est longue et aussi fine qu’un cheveu. Les pinces du mâle sont grandes, plus longues que la carapace y compris le rostre. La main est un peu comprimée et granuleuse en dessus; les doigts sont courts et largement béants. Les pattes ambulatoires sont longues, grêles et lisses; celles de la première paire ont presque la longueur des pinces.

Largeur de la carapace d’un mâle, 0,01 1.

Longueur, 0,020.

La Leptopisa setirostris se rapproche de la Tiarinia angusta (Dana) par le peu de largeur de sa carapace; mais elle en diffère par l’absence de granulations sur le bouclier céphalo-thoracique et par la forme grêle de ses pattes.

Cette espèce a été trouvée à Key West, entre 2 et 5 brasses; près de Tortugas, à 9 brasses, et sur le Fishing Bank, au S. O. de Loggerhead Key.

Genre OMALACANTHA (H. Streets).

M. Haie Streels a publié récemment la description d’un Crustacé qu’il considère

CRUSTACÉS PODOPHTHALMAIRES.

comme distinct des Microphrys, et dont il a formé le genre Omalacantha U Je ne trouve, dans l’énumération des caractères indiqués par ce naturaliste, aucune particularité d’une importance assez grande pour motiver l’établissement d’une division générique nouvelle; cependant, comme aucune figure n’a été donnée de X Omalacantha, et que je n’ai pu examiner les exemplaires typiques, je ne crois pas pouvoir encore me prononcer sur cette question. Par conséquent, je me bornerai à reproduire la description telle qu’elle a été publiée par M. Haie Streels :

cr Carapace pyriforme comme chez les Pises. Orbite complète en dessus, et en dessous ovale; son bord supérieur armé d’une dent triangulaire. OEil très-petit, à pédoncule court. Rostre bien développé, bifurqué près de sa base, à cornes divergentes, mais convergentes vers leur extrémité. Dent préorbitaire aplatie, obtuse. Antenne externe non cachée parle rostre, mais complètement à découvert sur le même niveau que le rostre. Les deux premiers articles larges , aplatis, renflés à leur extrémité.

cc Ce genre se rapproche beaucoup des Microphrys; mais il s’en distingue par sa forme beaucoup plus triangulaire (n’étant pas plus large que long), par les articles, larges et renflés en massue, des antennes externes (ceux-ci étant cylindriques chez les Microphrys), par son bord latéro-antérieur moins bombé. »

Omalacantha hirsuta.

Haie Streets, op. cit. p. 2 38.

Carapace triangulaire, convexe, tuberculeuse, poilue. Poils terminés en hameçon. Une épine proéminente située à la jonction du bord latéro-antérieur et du bord latéropostérieur. Une autre petite épine au-dessous et en avant de la précédente, sur la région branchiale. Une épine sur la région hépatique, au-dessous et en arrière de l’angle orbitaire externe. Une autre sur le côté de la région branchiale, près du sillon branchio-hépatique. Une rangée de cinq petits tubercules sur le bord inferieur de la région hépatique. Région gastrique portant cinq tubercules rangés comme la lettre T. Une ligne arquée de quatre tubercules sur le lobe urogastrique. Une autre ligne au-dessous de la précédente et bordant en arrière la meme région. Une série longitudinale de poils garnit chaque corne rostrale, et se continue sur les portions latérales

' Catalogue of Crustacea front the Istkmus of Panama collected by J. A. Mc Neil ( Proceedings of llie Academy of natural sciences of Philadelphia , 1871, p. 2.38).

ZOOLOGIE DU MEXIQUE. Ve PARTIE.

ZOOLOGIE DU MEXIQUE

des régions branchiales. Dent du bord orbitaire supérieur et angle externe de l’orbite obtus. Antennes externes ciliées. Rostre légèrement infléchi, plus chez la femelle que chez le mâle. Les pinces plus grandes chez le mâle que chez la femelle, lisses (excepté sur le bras qui porte une rangée de tubercules sur sa face supérieure) et couvertes de taches arrondies d’une couleur rouge violacée. Doigts en contact et finement denticulés à leur extrémité. Chez la femelle, ils sont en contact sur toute leur longueur. Deux ou trois tubercules rudimentaires sur le troisième article de la seconde paire de pattes. Une tache d’un rouge intense se voit à l’angle saillant et latéral de la carapace. Couleur d’un rouge sale.

Longueur de la carapace, o,o36.

Largeur, 0,09 5.

D’après la description qui précède, on peut voir que les caractères qui séparent les Omalacanthes des Microphrys présentent peu d’importance. La carapace du M. bicornutus est presque triangulaire, et les articles de l’antenne externe sont un peu renflés à leur extrémité, ainsi qu’on peut s’en convaincre en consultant l’une des planches jointes à ce travail1. Je suis donc porté à croire que YOmalacantha hirsuta doit prendre place à côté des Microphrys Waddellii et bicornutus, dont la Pisa Galibica et la P. purpurea d’Isis Desbonne ne sont que des variétés, ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le prouver.

Genre ANAPTYCHUS.

Stimpson, Notes on North American Crustacea in the Muséum of the Smithsonian institution ( Annals of the Lyceum of natural history of New York, t. VII, p. i83, 1860).

Ce genre, par la disposition de la région antennaire, se rapproche des Péricériens, mais il s’en distingue par les expansions latérales de la carapace, qui lui donnent une certaine ressemblance avec les Mimulus. La carapace est plus large que longue, peu bombée. Ses bords latéraux s’avancent en forme de lames dentées au-dessus de la base des pattes. Le front est formé de deux cornes pointues. L’orbite est garnie en dessus d’une dent saillante. Les yeux sont petits et logés dans des cavités entièrement cloisonnées en dessous par l’article basilaire

des antennes externes; ce dernier est large et pourvu en avant et en dehors d’une forte épine qui s’avance presque autant que les cornes rostrales. La tigelle mobile paraît à découvert. Le troisième article des pattes-mâchoires externes, ou méro-

1 Voyez pl. XIV, fîg. i et 2.

SL

CRUSTACÉS PODOPHTHALMAIRES.

gnathe , est plus large que long; son angle antéro-externe est saillant; son angle interne estéchancré pour l’insertion du palpe. La branche externe, ou exognathe, est large et pourvue en dedans d’une dent triangulaire et aiguë , qui se loge entre le deuxième et le troisième article de l’endognathe. Les pattes ambulatoires sont courtes et grosses.

ANAPTYCHUS COPiNUTUS.

(Pi. XIX, %. 1.)

Stimpson, op. cit. p. i8/i, pi. Il, %• i-

La carapace est dépourvue de granulations, mais il existe un certain nombre de saillies sur les régions gastrique, cardiaque et branchiales. Quelques poils courts et disposés par petites touffes couvrent ces saillies. La région frontale est large et constituée : i° par les deux cornes rostrales pointues, s’étendant parallèlement lune a 1 autre, et réunies à leur base; mesurées à partir de l’orbite, elles ont environ un cinquième de la longueur de la carapace; 2° par les cornes préorbitaires, qui sont plus courtes et situées à urt niveau supérieur aux précédentes. L angle orbitaire externe est petit et dentiforme. L’expansion lamelleuse des bords latéraux est decoupee irrégulièrement. Une première dent triangulaire occupe la région hépatique; elle est separee, par une échancrure profonde et arrondie, du prolongement lamelleux des régions branchiales; celui-ci porte en avant une lorte dent aplatie et dont la pointe est un peu tournée en avant, puis quelques découpures peu profondes. Le bord postérieur est surmonté d’une crête marginale, séparée de l'expansion lamelleuse branchiale par une échancrure; quelques touffes de poils existent le long de ce bord. Les pinces sont grêles et un peu plus longues que la première paire de pattes ambulatoires; le bras porte en dessus une crête dentée, et une épine à son extrémité; l’avant-bras est pourvu de saillies cristiformes; la main est lisse, c’est à peine si l’on y voit quelques très-fines granulations; les doigts sont à peine bâillants, garnis de fines denticulations et terminés en pointe. Les pattes ambulatoires sont courtes; leurs premiers articles ont une forme prismatique triangulaire, les arêtes saillantes étant découpées en dents pointues ou en épines. Des poils roides et courts cachent presque entièrement ces découpures.

Longueur de la carapace d’une femelle chargée d’œufs, 0,027.

Largeur, 0,0 B 1 .

Cette espèce a été trouvée sur les côtes de la Sonora (Mexique), dans la haie de Pinacate, près de Guaymas.

ZOOLOGIE DU MEXIQUE

Famille des PISINÆ.

Genre PIS A.

Les Pises, par l’ensemble de leurs caractères, se rapprochent beaucoup plus des Péricères que ne semblent l’indiquer les essais de classification de la plupart des auteurs. MM. Milne Edwards, Dehaan, Dana, s’appuyaient, pour séparer ces deux familles, sur ce que les yeux seraient rétractiles chez les premiers, et immobiles chez les seconds. Or W. Stimpson a montré, sur des Péricères conservées dans l’alcool ou fraîches, que les pédoncules oculaires pouvaient se retirer dans le fond de l’orbite. La différence la plus considérable qui existait entre ces Crustacés, et que les carcinologistes invoquaient pour les séparer en deux familles, n’existe donc pas en réalité; aussi, quoique la région antennaire des Pises diffère beaucoup de celle des Péricères, je crois que ces deux genres doivent néanmoins prendre place dans le même groupe.

Les représentants de ce genre sont fort nombreux sur les côtes d’Europe; ou en trouve aussi quelques-uns sur celles de l’Afrique et de Madagascar; ils sont, au contraire, fort rares en Amérique. Plusieurs Oxyrhynques qui avaient été décrits sous ce nom doivent prendre place dans d’autres genres; ainsi, la Pisa aculeata de Bell n’est qu’un Microphrys, comme je l’ai indiqué plus haut. La Pisa spinipes du même auteur se range dans le groupe des Mithracides. La Pisa Galibica et la Pisa purpurea d’Isis Desbonne ne sont que des variétés du Microphrys bicornutus. La Pisa latipes du même auteur appartient, comme nous le verrons, au genre Thoe.

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