DE L ORDRE SOCIAL
Il n'y a rien d'inutile dans la nature, où toute espèce de mal recèle les éléments de quelque bien ; et les mauvais penchants inséparables de lorganisalion humaine, servent au maintien de la chose publique, comme les substances vénéneuses servent à la conservation de notre santé.
— Comme il y a de certains vices qui concourent à maintenir Tordre social, tout au contraire de certaines vertus qui ne tendraient qu'à le compromettre, et que ce qui est juste et légitime suivant notre conscience, peut se trouver injuste et illégitime suivant 1rs lois, il en résulte que, nous montrer par trop e^^igeants sur la délicatesse des hommes chargés du
maniement des affaires publiques, ce serait vouloir, à moins de mal entendre le monde, leur imposer une tâche souvent impraticable.
— Il faut que Fhomme public sache commander à sa vertu ; que , la proportionnant aux aberrations de Fesprit humain, il prenne à tâche de la faire plier aux exigences de son siècle ; ou que , s'il n'est maître de r assouplir en mainte occasion , il se retire incontinent des affaires du monde.
— Nul ne peut prétendre sortir si net et si pur du maniement des affaires du monde, qu'il ne doive lui rester, en les quittant , quelque compte à régler avec sa conscience.