‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 146 sur 175 · DE LA DOMINATION ET DE LA DÉPENDANCE · texte numérisé non relu

DE LA DOMINATION ET DE LA DÉPENDANCE

II n'est , on le peut croire , personne qui , pour peu qu'il réfléchisse sur rimbécillité de rentendemenl humain, ne doive se montrer bien moins jaloux de commander que d'obéir.

La servitude est souvent plus grande de nous à nos valets , et même à certains animaux que nous avons en notre dépendance, qu'elle ne Test de ceux-^là, pour peu quïls y pensassent, ou de ceux-ci, pour peu qm chance leur avînt de pouvoir y penser, c'est-à-dire des uns aussi-bien que des autres à nous-mêmes.

Nous ne sommes en droit d'exiger des individus que nous nous attachons en vue de notre intérêt , de notre plaisir, ou de notre service, rien au-delà des qualités propres à remplir le but qui nous les avait d'abord fait rechercher : c'est une chose déjà si peu commune , que de trouver un homme complet, sous le

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