DE LA MÉDITATION
Il n'y a point d'exercice plus puissant et plus profitable, pour quiconque de nous sait s'y employer vigoureusement, que celui de descendre au fond de nous-mêmes, et de nous entretenir avec nos pensées. En effet, c'est une chose de peu de considération^ que d'agrandir notre esprit par la science, si nous ne songeons encore à le fortifier par la réflexion. Il est donc vrai de dire que la méditation est le premier besoin et comme la vie des grandes âmes ; car, penser et vivre, ce n'est pour elles qu'une seule et même chose. La méditation, suivant Aristote, est la plus douce occupation des dieux; et c'est de là que nait leur béatitude aussi-bien que la nôtre.