PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XIII
d'un Alexandre ou d'un Gaton, ces hommes demidieux, que Ton vit, l'un près de livrer cette furieuse bataille d'Arbelles, Tautre sur le point d'en finir avec sa propre vie, ne s'en tenir en peine non plus que d'événements ordinaires, jusque là que leur sommeil n'en fut pas même un seul instant troublé ni interrompu.
C'est à tort qu'on s'opiniàtrerait à vouloir coordonner toutes les actions d'un même personnage, pour les attribuer à quelque plan de conduite qu'il se serait irrévocablement prescrit , sauf à imputer à dissimulation chaque trait de sa vie qui paraîtrait se départir de ce principe fixe et universel. Nous ne voulons rien librement , rien absolument, rien constamment, l'irrésolution, ce commun vice de notre nature, ne nous permettant d'aller vers aucun but déterminé, que nous n'y soyons entraînés soit par le cours des événements, soit par la fougue des passions , soit surtout par la mobilité de nos humeurs qui varient comme les mouvements du temps. Aussi, compterait-on peu dïndividus qui, par l'excellence de leurs facultés physiques et morales, se soient montrés capables de fournir, sans changer de train et d'allure , toute leur carrière; adeptes puissants de la sagesse, dont renseignement peut se réduire à cette seule et unique leçon : Vouloir et m vouloir pas toujours une même chose ^ pourvu que notre volonté ne blesse en rien les préceptes de (a
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justice. L'homme échappe doue à rinvesligatioû de quiconque prétend îe saisir tout entier : divers comme les circonstances qui le font agir, ce n'est que pièce à pièce qu'il est permis de le bien étudier; ce n'est qu'en détail qu'on peut se flatter de le bien connaître.