DE LA NATURE ET DE LART
La nature, comme pom^ montrer qu'il n'y a rien de sauvage dans ce qui n'est conduit que par elle, fait naître quelquefois , chez les peuples les moins versés dans la culture des arts , des œuvres de génie comparables à ce que l'art produisit jamais de plus parfait et de plus merveilleux, chez les nations même les plus connues et les mieux accréditées par rexcellence de leurs productions artistiques.
11 n^ a de grâces sensibles et appréciables , pour une vue grossière comme est le plus ordinairement la nôtre, que celles qui, s'écartant des formes simples et naïves de la nature , nous apparaissent chargées d'apprêt et bouffies d'artifice.
Il faut compter au nombre des premières laideurs, les grâces contraintes et forcées , les ornements apprêtés et disparates , toutes les beautés , en un mot , où se font sentir le travail et l'artifice.