‹ Études sur PascalChapitre 104 sur 155 · IV* LETTRE · texte numérisé non relu

IV* LETTRE

n est bien assuré qu^on ne se détache jamûs sans douleur. On ne sent pas son lien quand on suit volontairement celui qui entraîne, comme dit saint Augustin; mais quand on commence à résister et à marcher en s'ébignant, on souffre bien ; le lien s'étend et endure toute la violence^ et ce lien est notre propre corps qui ne se rompt qu'à la mort. Notre Seigneur a dit que depuis la venue de Jean-Baptisie^ c'est-À-dire depuis son avènement* dans chaque fidèle, le royaume de Dieu souffre violence et que les violents le ravissent. Avant que Ton soit touché, on n*a que le poids de sa' concupiscence qui porte à la terre. Quand Dieu attire en haut, ces deux efforts contraires font celte violence que Dieu seul peut faire surmonter. Mais nous pouvons tout, dit saint Léon^ avec celui sans lequel nous ne pouvons rien. Il faut donc se résoudre à souffrir cette guerre toute sa vie^ car il n'y a point ici de paix. y.-C. est venu apporter le couteau et non pas la paix. Mais néantmoins il faut avouer que, comme TÉcriture dit que la sagesse des hommes n^est que folie devant Dieu, aussi on peut dire que cette guerre qui parott dure aux hommes, est une paix devant Dieu ; car c'est cette paix que J.-C. a aussi apportée. Elle ne sera néantmoins parfaite que quand le corps sera détruit; et c'est ce qui fait souhaiter la mort, en souffrant néantmoins

1. P.-R. a fait de cette lettre le § 82 de l'article xxvui: Onne se détache,.,

2. Le R. de M. P. : depnis son avènement dans le monde et par conséquent dans chaque fid.

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