‹ Études sur PascalChapitre 117 sur 155 · EXTRAIT D'UNE LETTRE DE PASCAL A MADAME PÉRIER · texte numérisé non relu

EXTRAIT D'UNE LETTRE DE PASCAL A MADAME PÉRIER

( Recueil de Marguerite Perler , p. 40. — Maunacrit de Txoyes^ n« t208. )

En gros leur avis i fut que vous ne pouvez en aucune manière sans blesser la charité et votre conscience mortellement, et vous rendre coupable d'im des plus grands crimes, en engageant un enfant de son flge * et de son innocence et même de sa piété à la plus périlleuse et la plus basse des conditions du christianisme; qu'à la vérité^ suivant le monde^ Taffaire n'auroit nulle difficulté et qu'elle étoit à conclure sans hésiter, mais que selon Dieu elle en avoit ', et qu'elle étoit à rejeter sans hésiter, parce que la condition d'un mariage avantageux est aussi souhaitable selon le monde, qu'elle est vile et préjudiciable selon Dieu; que ne sachant à quoi elle devoit être appelée^ ni si son tempérament ne sera ^ pas si tranquillisé qu^elle puisse supporter avec piété sa virginité^ c'étoit bien peu en connoîti*e le prix que de l'engager à perdre ce bien si souhaitable aux pères et aux mères pour leurs enfants parce qu'ils ne

1. Note da Recaeil de Marguerite Périer: nde MM. Singlin, de Sacy et d» Rebours. Le manuscrit de Troyes : Vavis de ces Messieurs M,

2. Note du R. de M. P. fi Jacqueline Périer, âgée de quinze ans. b Comme elle était née en 1644 (plus haut, p. 315), on voit que oe billet, non daté dans nos manuscrits, est de 1659.

S. Ms. de Tr. : elle en avoit, et qu'elle étoit... Cest la vraie leçon que le R. de M. P. reproduit et change tout ensemble : « elle en avoit plus de difficulté. » Plus de difficulté est une glose que le copiste a introduite dans le texte.

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