‹ Études sur PascalChapitre 128 sur 155 · Le Rec. de M. P. : mais je n · texte numérisé non relu

Le Rec. de M. P. : mais je n

Pour montrer une fois de plus à quel point le texte de Pascal^ dans ses ouvrages posthumes^ est défectueux, nous choisirons deux morceaux de quelque étendue, le fragment sur la Conversion du pécheur^ la Lettre à la Reine de Suède; et en les reproduisant d'après Bossut, nous y joindrons des variantes, tirées de nos manuscrits, qui font paraître et qui souvent réparent les vices du texte convenu.

LETTRE DE PASCAL k LA REINE CHRISTINE, EN LUI ENVOYANT LA MACmNE ARITHMETIQUE, 4650.

c Madame,

Si j'avois autant de santé que de zèle, j'irois moi-même présenter à Votre Majesté un ouvrage de plusieurs années que j'ose lui offrir de si loin; et je ne souffrirois pas que d*autres mains que les miennes eussent Thonneur de le porter aux pieds de la plus grande princesse du monde. Cet ouvrage, Madame, est une machine pour faire les règles d'arithmétique sans plume et sans jetons. Votre Majesté n'ignore pas la peine et le temps que coûtent les productions nouvelles, surtout lorsque les inventeurs veulent les porter eux-mêmes à leur dernière perfection ; c'est pourquoi il seroit inutile de dire combien il y a que je tiavaiiie à celle-

ci, et je ne peux mieux l'exprimer qu'en disant que je m'y suis attaché avec autant d'ardeur que si j'eusse prévu qu'elle devoit paroître un jour devant une personne si auguste. Mais, Madame, si cet honneur n'a pas été le véritable motif de mon travail, il en sera du moins la récompense; et je m'estimerai trop heureux si à la suite* de tant de veilles il peut donner à Votre Majesté une satisfaction de quelques moments. Je n'importunerai pas non plus Votre Majesté du particulier de ce qui compose cette machine; si elle en a quelque curiosité, elle pourra se contenter dans un discours • que j'ai adressé à M. de Bourdelot»; j'y ai touché en peu de mots toute l'histoire de cet ouvrage, l'objet de

1. Leçon ylcieuse. Les découvertes ne viennent pas après beaucoup de travzîil, mais en conséquence de beaucoup de travail. Il ne s'agit pas ici d'un rapport de temps, mais d'un rapport de la cause à l'eflfet. Pascal n'a donc pu dire : à la suite de taut de veilles. Le Manuscrit de rOratoire, le Recueil de Marguerite Périer, le ms. de la Mazarine, n<» 2199, et le n» 397, suppL français, Bibi. royale, donnent la vraie leçon : en suite de. D'ailleurs, Pascal met toujours en suite, m^mt pour à la suite. Voyez plus haut, p. 401 : ^m suite des premiers compliments. Et plus bas, p. 473 : En suite de ces prières.

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