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luxe^ car, le Recueil d'Utrecht dit que sa coutume était de 86 promener dans un carrosse à quatre ou six ch&vattz^
Le goût des mathématiques^ du bel esprit , du jeu et des divertissements l'avait lié avec le chevalier de Méré, le .modèle ou plutôt le professeur des belles manières et de la parfaite galanterie dans les ruelles à la mode ^, et avec d'autres personnages de la même espèce, tels que ce Hiton, auquel dans une de ses pensées, il adresse brusquement la parole pour lui reprocher de couvrir son égoîsme sous de brillantes apparences, sans le faire disparaître *.
Certes la passion du monde a dû être pendant quelque temps bien forte dans Pascal pour qu'eUe ait triomphé des avertissements et des vives instances de sa sœur Jacqueline, qui, depuis la mort de leur père, était entrée à Port* Royal, à Tâge de vingt-six ans, et y était devenue religieuse au commencement de 4653, sous le nom de sœur Sainte- Euphémie. Quand Jacqueline, dans une lettre précieuse du 25 janvier 4655, raconte à madame Périer, l'histoire
i. Page 268.
%. Voyez ime lettre curieuse de Méré (t i** de ses letires, p. 110) contre les infiniment petits, en réponse à nne lettre de Pascal snr le môme sujet Méré y prend un ton de grand homme et de pédagogue à l'égard de Pascal, et ce ton qui en imposait à certaines dames 4u xyu« siècle» a tort bien pu séduire plus d'un esprit distingué du nôtre, car l'un d*eux vient de soutenir que nous devons Pascal à Méré. Oui, si ou en croit Méré. Mais il n'y a qu'un défaut à ce paradoxe, c'est qu'avant de rencontrer Méré, Pascal avoit écrit bien des pages dont nne seule vaut mieux que tous les ouvrages maniérés et médiocres de son prétendu maître. Il suffit de citer la lettre k la reine Christine, la lettre au père Noël, celle à M. le Pailleur, celle encore à M. Ribeyre qui promettent les Provinciales.
S. Voyez plus haut, p. 168 , ainsi que la correspondance de Méré, Le Recueil de M. Périer, p. 383, contient une lettre de ce M. Miton à Pascal sur un point de mathématiques.
4«2 DISGOORS SUR UAMOUR.
de la conTersion tant désirée de leur frère » les efforts qu'elle avait faits et qui étaient restés si longtemps iniructueux^ il lui échappe des paroles quil importe de reoueiliir et de peser : a II falloit qu'il eût eu en ce temps-là d'horribles attaches pour résista aux grâces que Dieu lui faisoit et aux mouvements qu'il lui donnoit. * b Et ailleurs : « Il me paroH; écrit-elle à son frère ^ que vous aviez mérité en bien des . manières d'être encore quelque temps importuné de la senteur du bourbier que vous aviez embrassé avec tant d'emi^essement. *» Si on ne doit pas prendre trop au tragique ce bourbier et ces horribles attaches dont Jacqueliae parle ici avec Texagération janséniste, il est permis d'y soupçonner au moins des habitudes tout à fait mondaines, bien que sans dérèglement. •
Puisque Pascal cherchait à se marier, il est assez naturel, ce semble, qu'il ait fait attention aux femmes et recherché leur compagnie. Il était d'une famille depuis longtemps anoblie, fort à son aise sans être riche, célèbre depuis son enfance, et de toutes parts lié avec ce qu'il y avait de mieux. Son portrait est là pour nous dire quel était son noble visage; ses grands yeux lançaient des flammes'; et dans ce temps de haute galanterie, Pascal , jeune, beau, soui&ant, plein de langueur et d'ardeur, impétueux et réfléchi^ superbe et mélancolique, devait être un personnage intéressant au dernier point. Les plaisirs de la paix succédaient aux troubles de la Fronde. Le bel esprit^ la politique et l'amour rapprochaient tout ce qui était distingué. Des
i Jacqueline Pascal^ p. 287^ etc.