‹ Études sur PascalChapitre 70 sur 155 · LETTRE DE PASCAL A SA SŒUR MADAME PÉRIER · texte numérisé non relu

LETTRE DE PASCAL A SA SŒUR MADAME PÉRIER

(Gommnmqnée par H. Renouaid, le savant libraire. L'adresse est : A Mademoiselle Périer, la Conseillère. On ne donnoit le nom de Ma' dame aux fenuntB mariées que lorsqu'elles étoient d'une condition élevée.)

a Ma chère sœur,

Je ne doute pas que vous n'ayez été bien en peine du long temps qu'il y a* que vous n'avez reçu de nouvelles de ces quartiers ici. Mais je crois que vous vous serez bien doutas que le voyage des Élus en a été la cause^ comme en effet. Sans cela, je n'aurois pas manqué de vous écrire plus souvent. J'ai à te dire que MM. les commissaires étant à Gisors, mon père me &t aller faire un tour à Paris^ où je trouvai une lettre que tu m'écrivois où tu me mandes que tu t'étonnes de ce que je te reproche que tu n'écris pas assez souvent^ et où tu me dis que tu écris à Rouen toutes les semaines une fois. Il est bien assuré, si cela est, que les lettres se perdent^ car je n'en reçois pas toutes les trois semaines une. Étant retourné à Rouen ^ j*y ai trouvé une lettre de M. Périer^ qui mande que tu es malade. Il ne

mande point si ton mal est dangereux ni si tu te portes mieux; et il s'est passé un ordinaire depuis sans avoir reçu de lettre^ tellement que nous en sommes en une peine dont je te prie de nous tirer au plutôt ; mais je crois que la prière que je te fais sera inutile, car avant que ta aies reçu cette lettre ici, j'espère que nous aurons reçu lettres ou de toi onde M. Périer. Le département s'achève. Dieu merci. Si je savois quelque chose de nouveau, je te le ferois savoir. Je suis, ma chère sœur,

Post-scriptum de la main d'Etienne Pascal, le père : aMa bonne fille m'excusera si je ne lui écris comme je le désirerois, n'y ayant aucun loisir; car je n'ai jamais été dans rembarras à la dixième partie de ce que j'y suis à présent. Je ne saurois l'être davantage à moins d'en avoir trop; il y a quatre mois que je (ne) me suis couché six fois devant deux heures après minuit.

Je vous avois commencé dernièrement une lettre de raillerie sur le sujet de la votre dernière touchant le mariage de monsieur Desjeux, mais je n'ai jamais eu le loisir de l'achever. Pour nouvelles, la tille de monsieur de Paris, maître des comptes, mariée à M. de Neufville, aussi maître des comptes, est décédée, comme aussi la fille de Belair, mariée au petit Lambert. Votre petit a couché céans cette nuit. Il se porte Dieu grâces très bien. Je suis toujours Votre bon et excellent ami,

Pascal. »

Votre très humble et 1res affectionné serviteur et frère,

Pascal, t»

LETRRES DE PASCAL. Sjj

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