‹ Études sur PascalChapitre 80 sur 155 · P.-R. : et dans la volonté même de Dieu · texte numérisé non relu

P.-R. : et dans la volonté même de Dieu

10. P-R. : seule, rapportant ce mot à la providence, tandis qu'il faut le rapporter à Yordre de sa providence,

II. P.-R. : nous vénérerons,,, expression moins juste parce qu'elle ne

sainteté de ses arrôts ; nous bénirons la conduite de la Providence, et unissant notre volonté à celle de Dieu même , nous voudrons avec lui^ en lui et pour lui^ la chose qu'il a voulu en nous et pour nous de toute éternité.

Consuleron&-la * donc de la sorte et pratiquons cet enseignement que j'ai appris d'un grand homme dans le temps de notre plus grande affliction» qu'il n'y a de consolation qu'en la vérité seule. Il est sans doute que Sénèque et Socrate n'ont rien de persuasif en cette occasion. Us ont été sous l'erreur qui a aveuglé tous les hommes dans le premier : ils ont tous pris la mort comme naturelle à rbomme, et tous les discours qu'ils ont fondés sur ce faux principe sont si futiles ' qu'ils ne servent qu'à montrer par leur inutilité combien l'homme en général est foible ^ puisque les plus hautes productions des plus grands d'entre les hommes sont si basses et si puériles.

n n'en est pas de même de J.-C; il n'en est pas de même des livres canoniques. La vérité y est découverte, et la consolation y est jointe aussi infailliblement qu'elle est infailliblement séparée de l'erreur. Considérons donc la mort dans la vérité que le Saint-Esprit nous a apprise. Nous avons cet admirable avantage de connoltre que véritablement et effectivement la mort est une peine du péché imposée à l'homme pour expier son crime, nécessaire à l'homme pour le purger du péché ^ qu'elle est la seule qui peut délivrer l'âme de la concupiscence des membres sans laquelle les

renferme pas au même degré l'idée de crainte jointe à celle de

respect.

1. P.-R. omet considérons-la, jusqu'à il rCy a de consolation, t. P.-R. : n'ont rien qui nous puisse persuader et consoler dans ces

occasions, 8 . P. -R. : n vains et peu solides.

saints ne vivent point en ce monde. Noos sçavons que la vie des chrétiens est un sacrifice continuel, qui ne peut être achevé que par la mort. Nous sçavons que J.-G. étant au monde s est considéré et s'est offert à Dieu comme un holocauste et une véritable victime^ que sa naissance, sa vie, sa mort^ sa résurrection, son ascension^ et sa présence dans Teucharistie, et sa séance éternelle à la dextre ' n'est qu'un seul et unique sacrifice *. Nous sçavons que ce qui est arrivé à J.-C. doit arriver en tous ses membres.

Considérons donc la vie comme un sacrifice^ et que les accidents de la vie ne fassent d'impression dans l'esprit des chrétiens qu'à proportion qu'ils interrompent ou qu'ils accomplissent ce sacrifice. N'appelons mal que ce qui rend la victime de Dieu la victime du diable; mais appelons bien ce qui rend la victime du diable en Adam victime de DieU; et sur cette règle examinons la nature de b mort.

Pour cette considération^ il faut recourir à la personne de J.-C; car tout ce qui est dans les hommes est abominable '; et comme Dieu ne considère les hommes que par le médiateur J.-C, les hommes aussi ne devroient regarder ni les autres ni eux-mêmes que médiatement par J.-C. Car * si nous ne passons par ce milieu^ nous ne trouvons en nous que de véritables malheurs ou des plaisirs abominables; mais si nous considérons toutes choses en J.-C, nous trouverons toute consolation^ toute satisfaction, toute édification.

i. P.-R. : à la droite de son père, 2. P.-R. : ne sont qu'nn senî.

8. P.-R. omet : tout ce qui est dans les hommes est abominable. Car comme Dieu...

4. P.-R. omet car^ et fait de ce qui suit uq paragraphe k part.

GonsidérdDs donc la mort en J.-G. el non pas sam J.-C. Sans J.-C. elle est horrible, elle est détestable, et Thorreur de la nature; en J.-C. elle est tout autre : elle est aimable, sainte, et la joie du fidèle. Tout est doux en J.-C. jusqu'à la mort; et c'est pourquoi il a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souifrances^ et que *, comme Dieu et comme homme, il a été tout ce quil y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject, afin de sanctifier en soi toutes choses, 6té^ le péché, et pour être le modèle de toutes les conditions.

Pour considérer ce que c'est que la mort et la mort de J.-C, il faut voir quel rang elle tient dans son sacrifice continuel et sans interruption^ et pour cela remarquer que dans les sacrifices la principale partie est la mort de l'hostie. L*oblation et la sanctification qui précèdent sont des dispositions; mais Vaccomplissement est la mort, dans laquelle, par l'anéantissement de la vie^ la créature rend à Dieu tout Thommage dont elle est capable^ en s'anéantissant devant les yeux de sa majesté et en adorant sa souveraine existence, qui seule existe réellement '. Il est vrai qu'il y a une autre partie, après la mort de l'hostie , sans laquelle sa mort est inutile; c'est Facceptation que Dieu fait du sacrifice; c'est ce qui est dit dans l'Écriture : Et odoratus est Dominus suavitatem'*^ et Dieu a odoré et reçu Vodeur du sacrifice; c'est véritablement celle-là qui couronne l'oblation; mais

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